Metadata: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

L’EMPIRE OTTOMAN. 
29 
à ces menaces ; il entra en relations avec le sultan de Cons 
tantinople, lui offrit l’hommage de son royaume, reçut 
quelques renforts de janissaires, fut nommé heglierbeg 
pour l’Algérie et même capitan-pacha, c’est-à-dire amiral- 
général des flottes ottomanes. 
C’est à ce titre qu’il fut à deux reprises l’adversaire direct 
de Charles-Quint. En 1535, il ne put empêcher la prise de 
Tunis par l’empereur, qui coupait ainsi ses communications 
avec la Méditerranée orientale. En 1541, il fut plus heureux; 
il infligea devant Alger un désastre retentissant aux troupes 
impériales. Alors toute la Méditerranée fut comme un lac 
ottoman. 
Soliman allait-il être le vengeur de l’Islam hattu en Espa 
gne par les Rois Catholiques? Du moins il se trouvait, de 
Belgrade à Alger, l’ennemi naturel des Habsbourg, et, n’eùt- 
il pas eu l’alliance française, que néanmoins il eût sans 
doute poursuivi dans cette direction les destinées de son 
empire. 
François I" à son avènement ne prévoyait pas qu’il con 
sommerait l’alliance sacrilège de la Croix et du Croissant. 
Lorsqu'on 1519 il disputait à Charles-Quint la couronne 
impériale, il affichait l’intention, s’il était élu, de conduire 
toute l’Europe à une gigantesque croisade contre les Musul 
mans. Le malheur changea ses sentiments. On prétend 
qu’après Pavie, sa mère Louise de Savoie adressa au sultan 
un pressant appel ; quoi qu’il en soit, c’est l’année suivante 
que Soliman commença la grande lutte en Hongrie. Depuis 
la prise de Belgrade, ce pays se sentait sous la menace du 
cimeterre ; il s’abattit sur lui en 1526. Les Ottomans fran 
chirent le Danube. Le roi Louis II de Hongrie et Bohême 
tenta de les arrêter et leur livra bataille à Mohacs, le 28 août. 
Ce fut un terrible désastre pour les chrétiens ; le roi Louis, 
l’archevêque Tomori y succombèrent, et les poètes magyars 
pleurèrent longtemps sur « la mort de la nation ». Soliman 
entra bientôt après dans Bude, la capitale de la Hongrie. En 
1529, il mit même le siège devant Vienne ; mais Charles- 
Quint, qui négociait alors avec François I" la paix de Cam 
brai, put envoyer des secours à son frère, l’archiduc Ferdi 
nand, et les Musulmans furent repoussés. 
Le roi de France, soucieux de son titre de roi Très Chré 
tien, répugnait en effet à l’alliance turque. Mais l’ambition 
de Charles-Quint était si redoutable qu’il lui fallut se déci 
der ; après plusieurs démarches préliminaires, un de ses
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.