9 L ALLE MAGNE ÉCONOMIQUE.
entière par une coincidence, objet des vœux les
plus ardents, il suffit, pour mesurer le cliemin'qu’il
a fait faire à une excellente conception économique,
de remonter à ses premiers tâtonnements et à ses
modestes débuts.
L’évocation de l’ancien Empire germanique n’est
pas de nature assurément à éveiller des souvenirs
sympathiques chez les partisans de l’unité com
merciale ou douanière, car, s’il y eut à la têtede cet
Empire de prétendus continuateurs des Césars, en
tourés de tout l’apparat du pouvoir suprême, l'au
torité réelle se trouvait éparpillée entre une quantité
innombrable de seigneurs féodaux, constamment en
lutte entre eux ou avec le souverain, se comportant
comme des maîtres absolus sur leurs terres respec
tives, s’y livrant à des violences et â des exactions
de toute sorte, déterminant à coups de juridictions
et à coups de péages, tant par terre que par eau, un
fractionnement presque atomique du territoire qui
créait des obstacles voulus à toute entente soit dans
l’ordre politique, soit dans l’ordre matériel. Enees
temps semi-barbares, où l’individualisme germa
nique s’accusa d’une façon vraiment désordonnée,
le sentiment de la solidarité s’était si peu emparé
encore de la nation, que la France trouva longtemps
dans les princes de l’Empire des alliés pour sa poli
tique contre la maison d’Autriche, et la résistance
de ces princes vis-à-vis de l’Empereur, inspirée bien
plus encore par la soif de l’indépendance que par des