DES ORIGINES DU ZOLLVEREIN 17
voire même des petits États tout entiers situés sur la
surface de la monarchie, et l’on se flattait de l’espoir
qu’un toile aussi général, qu’une réprobation
aussi unanime détermineraient le retrait de la mesuie
attaquée, de la part de ceux qui venaient de la
prendre.
Mais la Prusse ne se refusait pas à désintéresser
les États, dont elle enveloppait certains fragments,
en leur versant proportionnellement une part des
di oits perçus, et, sans vouloir en aucune manière
revenir sur sa récente détermination, elle n’entendil
au moins faire aucune difficulté à ce que d’autres
nationalités accédassent à son système. L’acte si
important posé par cette monarchie suggéra d ailieurs
des appréciations en sens divers, même dans
le camp des dissidents ; et, tandis que les uns se
montraient assez enclins à s’y rallier, d’autres, désertant
le domaine purement scientifique et s’inspirant
avant tout des intérêts en souffrance, demandaient
à des taxes élevées une protection eflicace
pour les industries allemandes. A la tête de ces
derniers se trouvait placé par son ardeur, ses vues
fécondes et son génie, un tont jeune professeur
d économie politique de Tubingue, appelé Frédéric
List, qui a mérité d’être surnommé le père du Zollverein,
pour avoir enfanté et tout au moins popularisé
cette grandiose conception. L'Allemagne, qui
abonde cependant en hommes de talent, révèle, dans
tout le cours de son histoire, trop peu d hommes