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eux seulement, et d’autre part il conviait ces
mêmes États à se coaliser en face de l’étranger et
à assurer chez eux par un procédé uniforme de dé
fense l’avénement d’une prospérité industrielle et
mercantile égale à celle que des nations voisines
devaient à leur politique commerciale.
Renversement des douanes provinciales et éta
blissement d’un système commun de commerce, tel
fut, presque au lendemain de la loi de 1818, le cri
de ralliement poussé par List, qui n’avait pas perdu
de vue les promesses contenues en l’art. 19 de la
constitution fédérale, et qui comptait les faire abou
tir sous la pression d’une association de fabricants
et de négociants à organiser pour cette double fin
patriotique. Une occasion excellente d’engager la
lutte et de réaliser son plan d’association s’offrit à
lui, lors d’un voyage qu’il fit en 1819 à Francfort-
sur-le-Mein, au moment même où s’y tenait la foire
très-fréquentée du printemps, et où la plus grande
effervescence régnait parmi les commerçants et les
industriels présents, chez lesquels elle était provo
quée par les restrictions commerciales à l’intérieur
de l’Allemagne, par le nouveau tarif des douanes de
Prusse, et par les entraves que l’exportation des toi
les de la haute Souabe en Italie venait de rencon
trer de la part de l’Autriche. List ne tarda pas à être
le centre des mécontents et des aspirations nouvelles,
et c’est lui qui, mieux qualifié que tout autre, eut
l’honneur de rédiger à l’adresse de la Confédération