DES ORIGINES DU ZOLLVEREIN. 23
fabricant instruit, que l’industrie du pays peut être
éveillée par des droits de douane. Or, d’une part, ces
droits constituent des primes pour la contrebande,
et contrarient ainsi non seulement l’objectif principal
de 1 État ou le développement de l’industrie nationale,
mais 1 objectif accessoire ou la perception
d un impôt. D autre part, ils réagissent de la manière
la plus fâcheuse sur l’industrie nationale, à laquelle
le pays atteint oppose les mêmes restrictions.
« 11 est vrai que si le pays voisin n’use pas de
représailles, s il se laisse paisiblement dépouiller et
ruiner par des prohibitions d entrée et par de hauts
droits, le système douanier pourra être efficace pour
ceux qui l’emploient. Tel est le cas pour les États limitrophes
de 1 Allemagne. Enveloppée par les douanes
anglaise, néerlandaise, française, etc., l’Allemagne
ne prend collectivement aucune mesure pour pousser
ses voisins dans les voies de la liberté générale
du commerce, seul moyen pour l’Europe de parvenir
au plus haut degré de civilisation.
« Les Allemands de leur côté ne font (|ue se renfermer
davantage. Trente-huit lignes de douane paralysent
le commerce intérieur, et produisent à peu
près le même eflet que si on liait les membres du
corps humain pour empêcher le sang de circuler de
l’un à l’autre. Pour faire le commerce de Hambourg
en Autriche et de Berlin en Suisse, on a dix États
à franchir, dix règlements dédouanés à étudier, dix
droits de transit à acquitter. Celui qui a le malheur