508 L ALLEMAGNE ÉCONOMIQUE,
que la conduite des détachements prussiens en bon
nombre de localités; après quoi, le parti que la
Prusse tira de ses victoires en Allemagne porta le
dernier coup à leur candeur et à leur bonhomie. 11
nous suffit, à ce dernier égard, et pour justifier le
revirement mentionné, de citer notamment les
traités de paix et d’alliance eux-mêmes, passés le
22 août 1866 par la Prusse avec la Bavière, h qui
incombait une indemnité de guerre de 30 millions
de florins, abstraction faite de certains sacrifices de
territoire et du commandement de ses troupes, qui
en cas de guerre passait au roi de Prusse, ainsi que
la violence dont la Prusse usa vis-à-vis de la ville
libre de Francfort, et qui causa une indignation
générale, nullement apaisée ni par la fondation sub
séquente de la Confédération du Nord de P Allema
gne, ni par les dispositions de la constitution fédé
rale, ni par l’insistance que mil le parti de l'union
nationale à faire entrer les États du Midi dans cette
confédération.
De tous les partis, celui qui s’entendit tout d’abord
à mettre à profit, non sans une habilité incontes
table, le nouveau courant d’opinion et à le diriger
à sa guise, fut le parti clérical. Entré soudainement
dans l’arène politique avec une résolution impla
cable, qui ne connaissait pas de ménagement, on le
voit par tous ses organes à la fois, dans la presse,
du haut de la chaire, dans les rassemblements de
paysans, prêcher une véritable croisade contre la