CHAPITRE XXm
L’ile Je Scliüt. — La forteresse de Komorn. — Gran. — La cathédrale. — La Home magyare.
— Le dieu magyar. — Le prince primat de Hongrie. — Le haut et le has clergé. — Gran vu
en hiver. — Une nuit avec une bande de Tziganes. — Tanières de Bohémiens. — Installation
princière des chanoines. — Gran au moyen âge. — Les troubadours. — Marchands bourgui
gnons et négociants français.
Le Danube continue tic se dérouler
à travers d’immenses plaines, sur la
limite desquelles s’élèvent de temps en
temps de petits monticules construits
par les Turcs, qui y plaçaient leurs
sentinelles et y plantaient leurs éten
dards. Ces tertres, semblables à ceux
qu’on rencontre encore aujourd’hui
dans les steppes de la mer Caspienne
et les déserts de l’Afrique, sont les
seuls travaux de défense que les Os-
manlis aient jamais élevés sur les rives
du fleuve.
Le bateau passe entre les îles de
S chût, dont la plus grande n a pas
moins de vingt lieues de long. Son
étonnante fertilité lui a valu le nom de
Jardin d’or. Elle est peuplée d une
centaine de villages dressant parmi
les arbres leurs maisonnettes blanches,
espacées et basses comme des tentes. Des canots sont amarrés dans des
anses pleines d’ombres endormies, du fond desquelles, comme d une
embuscade, on voit surgir des têtes d insulaires à la peau bronzée, paieilles
a des têtes d Indiens. Des vaches, arrêtées sur la rive, laissent tombei leui
ombre immobile dans la limpidité verte de 1 eau; des bateliers en chemise
V
S. Éin. le cardinal Havnnld.