LE PÉBOU ÉCONOMIQUE
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climat de ces régions basses est difficile à supporter. Cette
contrée n’est pas un territoire de colonisation mais d’ex
ploitation, l’Européen ne s’y acclimate pas facilement ; il
peut y vivre pendant un certain temps, quelques années
même, au bout desquelles il est obligé d’aller se rétablir
en Europe ou dans la Sierra. Aussi le commerçant et le
seringueiro occasionnels n’ont-ils qu’un but : gagner de
l’argent le plus vite possible pour s’établir ailleurs. Toute
fois ce climat est encore moins mauvais que sa réputa
tion, et on peut se maintenir dans un état de santé relati
vement satisfaisant en évitant l’abus des boissons alcoo
liques et autres excès.
Par contre, si l’Européen est habitué à boire et s’il ne
veut modifier en rien ses habitudes dans ces régions
chaudes, il s’expose à contracter une maladie de foie et la
dysenterie, cependant peu fréquente, et à compromettre
ainsi son existence.
VI. — Mais la fièvre n’est pas le principal inconvé
nient de ces régions, celui-ci consiste dans l’existence d’in
nombrables légions de moustiques de toute taille et de toute
espèce, qui, principalement la nuit, ne vous laissent pas
nn moment de repos. Les zancudos (littéralement échas
siers) sont parmi les plus féroces de ces animalcules ; ils
fréquentent de préférence les rives de l’Ucayaliet de l’Ama-
z °ne, mais on ne les rencontre guère à une altitude supé
rieure à 1.200 mètres.
Celui qui n’a eu à lutter que contre les ennuyeux cou-
sms, les familiers moustiques d’Europe, ne peut se faire
nne idée juste de cette plaie que sont les zancudos. Dès
fine la nuit commence à tomber, c’est une véritable inva
sion, il n’y a plus un moment de tranquillité, c’est une
attaque et une défense continuelles ; mais l’ennemi est si
subtil qu’il s’introduit de tous côtés, il pénètre par la partie