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» coopérative adresse le peuple dans le dénuement aux
» magasins privés, espérant que ceux-ci feront ce qu'elle
» De peut faire : montrer pratiquement et sans bruit sa
» pitié à l'égard de ceux qui souffrent et qui n'ont
» rien » *.
Il nous semble qu’on aurait pu protester contre un
geste vulgaire et dur des coopératives” sans prendre
ouvertement la défense de la vente à crédit, véritable
chancre au flanc du petit commerce. Même comme
moyen pour reconquérir la clientèle, qu'il a fallu céder
aux coopératives, la vente à crédit est déplorable. En
effet, la clientèle qu’on a intérêt à regagner, c'est la
bonne clientèle, celle qui achète de bonnes marchandises
et qui les paye ; et cette clientèle-là n'est que médiocre-
ment attirée par l’offre de crédit : elle n’en a pas besoin,
et si elle y recourt parfois, elle cède simplement à une
mauvaise habitude qui, un certain moment, était deve-
nue quasi universelle.
Les deux témoignages en faveur de la vente à crédit
que nous avons reproduits ci-dessus ne sont pas les
seuls que nous connaissions. Mais la vérité oblige à dire
que les témoignages de cet ordre sont en infime minorité
1 Luzerns Handelsstand ehemals und heute, Festschrift zum
25. Jubiläium des Rabattsparvereins Luzern, von Dr. Joh.
Schwendimann (Lucerne 1928), Räber & Cie, page 68 :
«Es ist eine bittere Ironie des Schicksals, dass die stolze
» Genossenschaft das Volk in der hôchsten Not an Privat-
» geschäfte weist, hoffend, dass diese tun, was sie nicht
» kann. stille, praktische Barmherzigkeit gegenüber Not
» leidenden und Mittellosen ».
? Elles ont du reste fait énormément de crédit, au défi et
en dépit de leurs statuts. Voir la démonstration de cette
affirmation au paragraphe C 1 du livre : Enttäuschungen in
der schweizerischen Konsumgenossenschaftsbewegung, par
M. le Dr. P. Beuttner (Graphische Anstalt Schüler A. G.
Bienne, 1926). (Publié sous les auspices de l’Union suisse des
services d’escompte).