CH. XX. — OES PROPRIÉTÉS DE LA VALEUR ET LES RICHESSES. 257
de richesse, ,1e pourrais même en appeler à M Say, et emprunter,
au bénéfice de ma cause et de la différence essentielle qui existe en
tre la valeur et les richesses, plusieurs chapitres de ses ouvrages;
tout en reconnaissant, cependant, que dans d’autres passages il com
bat mes idées. 11 m’est, on le pense bien, impossible de concilier ces
pages contradictoires, et je les désigne àM. Say lui-même, pour qu’il
me fasse l’honneur de discuter mes observations dans une édition
future de son ouvrage, et qu’il y introduise les explications que tout
le monde, comme moi, juge necessaires pour la parfaite entente de
ses doctrines. ^
1. Dans l’échange de deux produits, ce que nous échangeons réel
lement ce sont les services productifs qui ont servi à les créer. Traité
d’Économie politique, édit. Guillaumiis, p. 346.
2. 11 n’y a cherté véritable que celle provenant des frais de pro
duction : et une chose réellement chère est celle qui coûte beaucoup
à produire.
3. La valeur de tous les services productifs nécessaires pour la
création d’un produit, constitue les frais de production de cet article.
4. C’est l utilité qui détermine la demande d’une marchandise :
mais ce sont les frais de production qui servent de limite à cette de
mande. Quand son utilité ne suffit même pas pour élever la valeur
au niveau des frais de production, cette chose ne vaut pas ce qu elle
a coûté ; et il y faut voir la preuve que les mêmes services ¡)roductifs
auraient pu être employés plus avantageusement dans une autre
branche d’industrie. Les propriétaires des fonds productifs, ceux qui
disposent de capital, de terre ou de travail, sont constamment occu
pés à comparer les frais de production avec la valeur d’échange, ou,
ce qui revient au même, la valeur des différentes marchandises entre
elles. En effet, les frais de production ne sont autre chose que la va
leur des services productifs consacrés à la création d’une marchan
dise; et la valeur d’un service productif n’est autre chose que celle
de la marchandise produite. D’où il suit que la valeur d’une marchan
dise, la valeur d’un service productif, la valeur des frais de produc
tion sont des valeurs équivalentes, toutes les fois qu’on laisse jmendre
aux choses leur cours naturel.
5. La valeur des revenus s’accroît donc du moment où ils nous
procurent n’importe par (lucls moyens — une plus grande somme
de produits.
6. Le prix sert de mesure à la valeur des choses, et leur valeur
sert à mesurer leur utilité.
{()Eut\ de Ricardo.)
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