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PHINOOKS DK K’KCDNOMIE POLITIQUE,
vera augmentée par suite de la diminution des frais de production,
et qu’il recevra par conséquent une plus grande part et une quan
tité plus considérable d'un produit abondant que d’un produit rare.
« Une rizière , dit il, produit une plus grande quantité de nourri-
.. ture que le cbamp de blé le plus fertile. Le produit ordinaire d’un
« acre monte à ce qu’on dit, à deux récoltes par an, de trente à
» soixante boisseaux chacune. Ainsi, quoique la culture exige plus
» de travailleurs, quand tous ces travailleurs ont subsisté, il reste un
» plus grand excédant. Par conséquent, dans les pays où le riz est la
» nourriture végétale ordinaire et favorite du peuple, et où il corn
» pose la principale subsistance des lalmureurs qui le cultivent, il doit
» revenir uu pri^prièlaire^ dans ce plus (/raud excédant, une portion
» plus forte que celle qui lui revient dans les pays à blé. »
M. Bucbanaii remarque aussi : « qu’il est bien clair que si la ten e
» donnait un autre produit en plus grande abondance que le blé, et
» que ce produit devint la nourriture ordinaire du peuple, la rente
» des propriétaires des terres augmenterait a proportion de 1 abon-
» dauce plus grande de ce produit. »*
Si les pommes de terre devenaient la nourriture habituelle du peu
ple, il y aurait un intervalle assez long pendant le(¡uel les proprié
taires fonciers éprouveraient une très-1 orte réduction dans leurs
rentes. Us ne recevraient probablement alors qu’une portion de sub
sistances bien moindre que œlle qu’ils en retirent à présent, tandis
que ces subsistances descendraient au tiers de leur valeur actuelU.
Mais tous les objets manufacturés a Lachat desquels le propriétaire
foncier dépense une partie de son fermage, n’éprouveraient d’autiv
baisse que celle qui proviendrait de la baisse des matières preinièi es
dont ils sont fabriqués , baisse qui ne pourrait être occasionnée que
par la fertilité plus grande desterres qui pourraient être aloi-s consa
crées à leur production.
Quand, par snite de l'accroissement de la population, on viendrait
a livrer de nouveau à la culture, des terres ayant les mêmes qualités
que celles qu’on cultivait auparavant pour en tirer la nourriture né
cessaire, et quand on viendrait à consacrer a cette c ni turc le même
nombre d’hommes, le propriétaire foncier retirerait, non-seulement
la même part du produit qu’auparavant, mais cette part aurait en
core la même valeur (jue par le passé. rente serait donc la même
(lu’auparavant; cependant les prolits seraient beaucoup plus élevés,
parce que le prix de la nourriture, et par conséquent les salaires se
raient bien plus bas. Les gros prolits favorisent l’accumulation du