326
PIUNCIPES DE L'ÉCONOMIE l’OLITIQÜE.
« uiie trop grande quantité de papier, dont l’excédant lui revenait
» continuellement à l’échange, a été obligée, pendant plusieurs an-
» nées de suite, de faire battre de la monnaie d’or jusqu’à concur-
» rcnce de 800,000 livres st. et de 1,000,000 dans une seule année,
» ou, par évaluation moyenne, jusqu’à environ 850,000 liv. st. Pour
» fournir à cette immense fabrication, la banque, à cause de l’état
» usé et dégradé où la monnaie d’or était depuis quelques années,
» se vit souvent obligée d’acheter jusipi’au prix de 4 liv. st. l’once
Ä. l’or en lingots, qu’elle émettait bientôt après sur le pied de 3 liv.
» st. 17 sb. 10 7 deniers l’once, ce qui lui faisait une perte de 2 7 à
» 3 pour cent sur la fabrication d’une somme aussi énorme. Ainsi,
•> quoique la bampie n’cùt point de droit de seigneuriage à payer,
« et quoique, à proprement parler, la dépense de fabrication fût aux
» frais du gouvernement, cette libéralité du gouvernement ne couvrit
» pas toute la dépense supportée par la banque. »
D’après le principe énoncé plus haut, il me semble très-évident
qu’en retirant de la circulation le papier qui rentrait ainsi à la ban
que, la valeur de toute la monnaie, y compris celle des anciennes
espèces monnayées et usées et celle des nouvelles, aurait monté, et,
dans ce cas, toutes les demandes sur la banque auraient cessé d’étre.
M. Buchanan n’est ])Ourtant pas de celte opinion; car il dit que
« la grande dépense que la banque a eu à supporter à celle époque
» fut occasionnée, non comme le docteur Smith paraît le supposer,
- par une émission excessive de papier, mais par l'état dégradé de
» la monnaie mêlailiqne, et par le haut prix du lingot qui en était la
» conséquence. On doit faire attention que la banque, n’ayant d’autre
« moyen de se procurer des guiñees * que d’envoyer des lingots à la
I I. Dans les marchés que le gouvernement conclut avec les particuliers, et
» dans ceux que les particuliers concluent entre eux, une pièce de monnaie n’est
■ reque, quelque dénomination <|u’on lui donne, que pour sa valeur intrinsèque,
» accrue de la valeur que l’utilité de son empreinte y ajoute. »—J.-li. Say,/ir.
chap. 21,§4.
« La monnaie d’argent est si peu un signe, que les pièces de monnaie perdent
w de leur valeur en s’usant par le frottement ou par la friponnerie des rogneurs
» d’espèces; toutes les marchandises augmentent nominalement de prix en pro-
» portion de l’altération éprouvée par elles; et si le gouvernement fait une refonte
» équitable et rétablit dans chaque pièce la quantité de métal lin qui s’y trou-
» vait dans l’origine, les marchandises reprennent le prix qu’elles avaient alors,
» sauf les variations qui out pu avoir lieu dans la valeur de ces marchandises, par
» des circonstances qui leur sont particulières. » — J.-B. Say,/ii?. y, c/mp. 21,
§ 6. éA’ofe de l’Auteur.)