Full text : Oeuvres complètes

3:u  PRINCIPES  DK  L'ECONOMiK  POLITIQUE.'
nal)les,  l’eiiscm])le  de  la  circulatipn.  llii  lei  pouvoir  ne  devrait  appartenir ­
  à  aucune  association,  pas  nn'ine  à  l’État;  car  il  ne  peut  y
avoir  aucune  garantie  d’uniformité  dans  un  système  où  la  volonté
seule  des  créateurs  de  la  monnaie  peut  en  décréter  l’augmentation
ou  la  diminution.  La  banque  peut  réduire  aujourd’hui  la  circulation
aux  limites  les  plus  extrêmes;  c’est  un  fait  que  ne  nieront  même
pas  ceux  qui  pensent  avec  les  directeurs,  qu’ils  n’ont  pas  le  pouvoir
de  multiplier  à  l’infini  les  signes  monétaires,  .le  suis  pleinement  conviptorieiisement

  que  la  suppression  des  billets  d’une  livre  n’offre  aucune  sécurité ­
  contre  les  swr-cmissions,  les  paniques,  contre  rien  enfin,  sinon  contre  une
banqueroute  universelle.
»  Ce  fut  cependant  de  la  seconde  mesure,  celle  autorisant  l’établissement  des
joint-stock  banks,  qu’on  attendait  les  plus  grands  avantages.  Peut-être  serait-ce
une  exagération  que  d’affirmer  que  ces  espérances  ont  été  complètement  dé(*ues  ;
mais,  si  quelques  attentes  ont  été  réalisées,  elles  sont  bien  peu  importantes.  Il
aurait  été,  eu  effet,  facile  de  prédire,  à  l’origine  de  cette  institution,  comme  cela
eut  lieu,  du  reste,  que  le  seul  établissement  des  joint-stock  banks  ne  fournirait
aucun  remède  contre  les  maux  primitivement  inhérents  à  notre  système  financier. ­
  Une  banque  avec  sept,  soixante-dix  ou  sept  cents  associés  peut  n’être  pas
appelée  à  plus  de  crédit  qu’une  autre  banque  avec  cinq  ou  six,  et  peut-être  même
à  moins.  La  fortune  des  associés  d’une  banque  privée  peut  excéder  celle  des  associés ­
  d’une  vaste  banque  par  actions;  et  il  est  probable  que  les  opérations  de  la
plus  petite  banque  étant  conduites  par  les  intéressés  eux  mêmes,  le  seront  plus
prudemment  et  plus  économiquement  que  celles  d’une  grande  banque,  qui  doivent ­
  nécessairement  être  confiées  à  des  agents  sur  lesquels  ne  plane  qu’un  contrôle ­
  inefficace.  On  ne  peut  concevoir  de  plus  grande  erreur  que  celle  qui  décide
que  parce  qu’une  banque  a  un  plus  grand  nombre  d’associiis,  elle  est  plus  digne
de  la  confiance  publique.  Celle  ci  devant  dépendre  de  leur  richesse  et  de  leur  intelligence, ­
  mais  non  de  leur  nombre  :  ce  serait  substituer  la  masse  au  mérité.  La
richesse  seule  ne  peut  suffire  à  mettre  en  rapport  les  émissions  de  papier  avec  les
besoins.  Leiijohit-stock  banks  demeurent  aussi  loin,  et,  si  cela  est  possible,  plus
loin  même  de  ce  critérium  que  les  banques  privées.  C’est,  en  effet,  la  plus  grossière ­
  des  erreurs  et  des  illusions,  que  de  supposer  qu’il  est  possible  de  faire  dispa-I
  raître  les  fluctuations  dans  la  masse  et  la  valeur  de  la  monnaie,  par  cela  seul
;  qu’elle  sera  fournie  par  différents  agents.  Tant  qu’un  individu  ou  une  réunion
d’individus,  quelque  tarés  qu’ils  puissent  être,  jouiront  du  privilège  royal  d’émettre ­
  du  papier  sans  autorisation  ni  oWaeles,  on  verra  cc  papier  s’accroître  démesurément ­
  aux  époques  de  confiance,  et  disparaître  aussitôt  que  les  prix  et  la  confiance ­
  s’ébranleront.  Si  l’on  désire  que  le  pays  soit  à  jamais  dévoré  par  une  fièvre
intermittente,  et  livré  tantôt  aux  accès  de  sur-excitation,  tantôt  à  un  état  d’atonie
qui  en  est  la  suite  inévitable,  il  n’est  pas  de  meilleur  moyen’à  employer  que  notre
système  financier  actuel.  INlais  nous  pensons  que  le  lecteur  se  joindra  a  nous,
dans  la  pensée  qu’une  fièvre  de  cette  nature  est  aussi  fatale  au  corps  politique
qu'au  corps  physique;  et  que  si  l’on  n’opère  une  cure  radicale,  elle  paralysera  et
détruira  le  Mac  (.uli.uch.
            
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