CH. XXVIU. — DE LA VALEUR COMPARATIVE DE L’OR, ETC. 349
et s’y maintiendrait à son prix naturel en France, c’est-à-dire au prix
auquel il pourrait être porté au marché anglais, en rapportant les
profits ordinaires aux capitaux français, et il se soutiendrait à ce
9^^ P Angleterre en consommât d’ailleurs cent mille ou un
million de qnarters. Si la demande de l’Angleterre montait à cet
dernier cliiiîre, il est vraisemblable que la nécessité où se trouverait
la T lance d avoir recours à la culture de terrains moins fertiles pour
pouvoir fournir un si fort approvisionnement, ferait hausser eu
l'rance le prix naturel du blé, et cela influerait par conséquent sur
sou prix en Angleterre. Ce que je prétends, c’est que le prix na
turel des choses dans le pays qui exporte, est celui qui règle eu
définitive le prix auquel ces choses doivent être vendues, si elles ne
sont pas sujettes à un monopole dans le pays qui importe.
Mais le docteur Smith, qui soutient avec tant de talent la doc-
trinequi établit que le prix naturel des choses règle en dernière
analyse leur prix courant, a supposé un cas dans lequel il pense que
le prix courant ne serait réglé ni par le prix naturel du pays qui
exporte, ni par celui du pays qui importe. « Diminuez, dit-il, l’opu-
» lencc réélit de la Hollande ou du territoire de Gênes, le nombre
>> des habitants y restant toujours le même; diminuez la faculté
« qu’ont ces pays de tirer leurs approvisionnements des pays éloi-
» gnés, et vous verrez que, bien loin de baisser avec cette dimi-
>> notion dans la quantité de l’argent, — laquelle, soit comme cause,
» soit comme effet, doit nécessairement accompagner cet état de dé-
« cadence, — le prix du blé s’y élèvera au taux de famine. »
Je pense qu’il en résulterait précisément le contraire. La dimi
nution des ressources des Hollandais et des Génois, pour acheter du
blé dans les marchés étrangers, pourrait faire baisser le prix du blé
IHiiidant un certain temps, au-dessous de son prix naturel dans le
pays d’où on l’exportait, aussi bien que dans le pays qui l’impor
tait; mais il est absolument impossible que cela put jamais faire
monter le blé au-dessus de son prix naturel. Ce n’est qu’en augmen
tant 1 opulence des Hollandais ou des Génois que vous pourriez faire
augmenter la demande du blé, et le faire monter au-dessus de l’an
cien prix; et cela n’aurait même lieu que pendant un espace de temps
tres-borné, a moins qu’il ne survint de nouveaux obstacles qui ren-
ssent plus diflicile d obtenir 1 approvisionnement nécessaire.
-e docteur Smith dit encore à ce sujet : « Quand nous venons à
anquer des choses nécessaires, il faut alors renoncer à toutes les
" c loses superflues, dont la valeur, qui, dans les temps d’opulence et