378 - • ‘ - PRINCIPES DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE.
Torigiue, la'source de la rente étant, comme l’a établi M. Âialthus
dans la troisième proposition, « la rareté comparative des sols fer-
tiles. »
Le prix du blé s’élèvera naturellement à mesure que.grandiront
les diflicultés de la production, et, quoique la quantité récoltée sur une
ferme ait diminué, la valeur de cette récolte aura augmenté. Mais
comme le coût de la production ne croîtra pas sur les terres les plus
fertiles, comme les salaires et les profits , pris ensemble, conserve
ront toujours la même valeur, il est évident que l’excédant du prix
sur des frais de production, en d’autres termes, que la rente, à moins
d’être entravée par une grande réduction de capital, de population
et de demande, croîtra parallèlement à l’épuisement des terres.
La proposition de M. Maltbus ne me paraît donc pas parfaitement
exacte. La rente ne s’élève pas et ne s’abaisse pas immédiatement, né
cessairement lorsque grandit ou diminue la fertilité de la terre : mais
en gagnant en fertilité, la terre peut supporter et supporte un loyer
plus considérable. Des terres d’une riebèsse très-médiocre ne peu
vent jamais donner de rentes ; celles d’une fertilité moyenne peuvent,
grêce au mouvement ascendant de la ])opulation, donner une rente
modérée ; enfin, celles des catégories supérieures donneront de forts
loyers, mais il y a une grande différence entre l’aptitude à payer
une rente et le paiement actuel, effectif de cette rente. La rente peut
être plus basse dans un pays où les terres sont excessivement fécondes,
que dans un territoire d'une richesse moyenne ; car elle se propor
tionne à la fertilité relative plutôt qu’à la fertilité absolue, à la va
leur du produit plutôt qu’à son abondance.
M. Maltbus suppose que la rente provenant des terres qui pro
duisent ces denrées spéciales, qu’on a pu appeler des monopoles na
turels et nécessaires, est réglée par un principe.différent de celui qui
régit la rente de ces terres qui produisent des subsistances. 11 croit
que c’est la rareté de ces produits privilégiés qui créent une forte
rente, et que, pour les subsistances, c’est leur multiplicité au con
traire qui amène ce résultat.
Cette distinction ne me paraît pas fondée : car vous élèverez tout
aussi immédiatement la rente des terres qui donnent les vins pré
cieux que celle des terres à blé, en accroissant le produit. Il va sans,
dire que la demande de blé se sera accrue, car autrement, un afflux
de céréales sur le marché abaisserait, au lieu de l’augmenter, la rente
des terres à blé. Quelle que soit d’ailleurs la nature de la terre, une
rente élevée dépend du haut prix du produit; mais ce haut prix une