Full text : Oeuvres complètes

J

418  ŒUVRES  DIVERSES.
plus,  cette  disposition  ayant  renversé  toutes  les  digues  élevées  contre
une  surémission,  les  directeurs  ont  acquis  le  pouvoir  d’augmenter  ou
de  diminuer  la  valeur  de  la  circulation  de  papier.
Pour  reporter  les  maux  actuels  de  la  circulation  à  leur  source  et
prouver  leur  réalité  par  un  appel  à  ces  deux  témoignages  infaillibles,
le  taux  du  change  et  le  prix  des  lingots,  je  m’armerai  du  rapport  de
M.  Thornton  sur  la  conduite  de  la  banque  avant  la  restriction.  Ce
rapport  m’aidera  à  démontrer  avec  quelle  fidélité  les  gérants  de  la
banque  ont  obéi  au  principe  que  M.  Thornton  a  si  fortement  établi,
en  disant  que  «  la  valeur  des  billets  dépend  de  leur  montant,  et  que
les  directeurs  eu  ont  pu  calculer  les  variations  par  le  moyeu  des  contrôles ­
  auxquels  j’ai  déjà  fait  appel.  «
M.  Ttioiirton  nous  dit  :  «  Toutes  les  fois  que  les  changes  du  pays
»  devenaient  assez  défavorables  pour  donner  au  prix  du  marclié  de  1  or
»  une  grande  supériorité  sur  celui  de  la  monnaie,  les  gérants  de  la
»  banque,  comme  l’indiquent  leurs  dépositions  au  gouvernement,
»  paraissent  avoir  été  disposés  à  recourir  à  une  réduction  de  leur
»  papier,  dans  le  but  d’alfaiblir  ou  d’écarter  tout  abus  et  de  pourvoie
»  ainsi  à  la  sécurité  de  leur  établissement.  —  Ils  se  sont  même  constam-»
  ment  appliqués,  par  une  sage  prévoyance,  à  maintenir  la  masse  de
»  leurs  billets  dans  de  certaines  limites.  »  Ailleurs  il  ajoute  :  «  Quand
I  »  le  prix  atteint  par  nos  coins  d’or  sur  les  marchés  étrangers  est  tel
\  »  qu’il  tend  à  les  eutraîuer  hors  du  royaume,  les  directeurs  de  1»
;  .  »  banque,  inquiets  pour  la  sûreté  de  leur  établissement,  diminuent
»  naturellement  d’une  certaine  quantité  la  masse  de  leurs  billets.
»  En  réduisant  leur  papier  ils  élèvent  sa  valeur  ;  et  en  élevant  sa  va-»
  leur,  ils  accroissent  en  môme  temps,  en  Angleterre,  celle  de  la  mon*
»  naie  courante  contre  laquelle  on  les  échange.  Ainsi  la  valeur  de
»  nos  coins  d’or  se  mesure  sur  celle  du  papier  circulant,  et  les  direc-»
  teurs  de  la  banque  s’elïorceut  de  conserver  au  papier  la  valeur  qu’d
»  doit  avoir,  pour  prévenir  de  larges  exportations.  D’ailleurs,  cette
»  valeur  s’élève  quelquefois  un  peu  au-dessus,  et  quelquefois  s’a-»
  baisse  un  peu  au-dessous  du  prix  de  notre  coin  au  dehors.  »
i  C’est  pourquoi  la  nécessité  que  ressentaient  les  gérants  de  la  bau-\
  que  de  protéger  la  sécurité  de  leur  établissement,  avait  toujours  pi’^*
I  venu,  jusqu’au  bill  de  restriction,  une  émission  exagérée  de  monuaio
*  ■  de  papier.  Ainsi,  nous  trouvons  que  pendant  une  période  de  vingt-trois
années,  antérieures  à  la  suspension  des  paiements-espèces,  en  I7h7,
le  prix  moyen  de  Tor-lingots  a  été  de  3  1.  17  s.  7  3^4  d.  l’once,  environ
2  3/4  d.  au-dessous  du  prix  de  la  monnaie;  pour  les  seize  années  an-
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.