Full text : Oeuvres complètes

422  OEUVRES  DIVERSES.
qui  agissent  sur  la  valeur  de  l’or.  Mais  si  nous  comparons  le  signe
représentatif  d’une  once  d’or,  3  1.  17  s.  10  1  (2  d.  en  billets  de  banque,
avec  les  marcbandises,  la  dépréciation  des  billets  nous  apparaîtra
manifestement.  Je  me  verrai  sur  chaque  marché  du  monde  obligé
de  céder  4  1.  10  s.  en  billets  de  banque  pour  une  quantité  de  marchandises ­
  égale  à  celle  queje  pourrais  obtenir  avec  l’or  contenu  dans
3.  1.  17  s.  10  1]2  d.  de  numéraire.
On  dit  souvent  qu’une  guinée  vaut  à  Hambourg  20  ou  28  shillings.
Mais  nous  commettrions  une  étrange  erreur  si  nous  en  déduisions
qu’une  guinée  peut  être  échangée  à  Hambourg  contre  la  quantité
d’argent  contenue  dans  26  ou  28  shillings.  Avant  les  modilications
survenues  dans  la  valeur  relative  de  l’or  à  l’argent,  on  ne  pouvait
même  obtenir  pour  une  guinée,  à  Hambourg,  21  shillings  d’argent
au  titre;  au  prix  du  marché  de  ce  jour  une  guinée  peut  se  vendre
pour  une  somme  de  monnaie  d’argent,  qui,  importée  et  soumise  au
balancier  de  la  monnaie  ,  produirait  en  notre  coin  légal  d’argent
21  s.  5  d.  *  .  Et  cependant,  il  est  positif  que  la  même  quantité  d’argent ­
  pourra  acheter  à  Hambourg  une  lettre  de  change  de  26  ou  28
shillings,  payables  à  Londres  en  bank  -notes.  Quelle  meilleure  preuve
ira-t-on  chercher  de  la  dépréciation  de  nos  agents  monétaires?
On  prétend  que  si  le  bill  de  restriction  n’était  pas  en  vigueur,
toutes  les  guinées  abandonneraient  lepays^.
Ceci  est  incontestable.  —  Mais  si  la  banque  diminuait  la  quantité
de  ses  billets,  de  manière  à  relever  de  15  p.  O/o  leur  valeur,  on  pourrait ­
  sans  danger  rapporter  le  bill,  car  personne  ne  serait  encore  tenté
d’exporter  le  numéraire.  Quelque  considérable  que  soit  l’escompte
subi  par  les  billets,  quelque  éloignée  que  soit  l’époque  où  la  banque ­
  reprendra  ses  paiements  eu  espèces,  elle  ne  pourra  jamais  le
faire  sans  avoir  premièrement  réduit  aux  proportions  ci-dessus  le
montant  de  ses  billets  en  circulation.
Tous  les  économistes  s’accordent  à  ne  voir  dans  la  loi  qu’une  barrière ­
  illusoire  contre  l’exportation  des  guinées.  On  l’élude  si  facilement, ­
  qu’il  est  permis  de  se  demander  si  elle  a  ellectivement  conservé ­
  a  l’Angleterre  une  seule  guinée  de  plus  que  n’eu  eût  possédé  le

'  La  valeur’relative  de  l’or  à  l’argeut  sur  le  continent  est  à  peu  près  la  même
qu’à  Londres
*  Il  faut  entendre  ici  que  toutes  les  guinées  de  la  banque  quitteraient  le  pays.
—  L’appât  de  quinze  pour  cent  sufüt  largement  pour  provoquer  l’exportation  de
celles  soustraites  à  la  circulation.
            
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