Full text : Oeuvres complètes

424

ŒUVRES  DIVERSES.

connaître  la  dépréciation  du  papier.  —  La  Revue  d’Edimbourg  se
range  de  cet  avis;  mais  si  mon  raisonnement  a  été  logique,  j’ai  dû  démontrer ­
  la  faiblesse  de  ces  objections.
M.  Tbornton  nous  a  avertis  qu’un  commerce  défavorable  suffit  à
expliquer  l’existence  d’un  change  défavorable.  —  Mais  nous  avons
déjà  vu  que  les  effets  d’un  commerce  défavorable  (si  ce  terme  est  convenable) ­
  sur  le  change  sont  limités.  Cette  limite  est  probablement  de
4  à  5  p.  O/o;  elle  ne  peut  donc  pas  suffire  à  justifier  une  dégradation
de  15  ou  20  p.  0/0.  De  plus,  M.  Tbornton  nous  a  dit,  et  j’adopte
I  pleinement  ses  vues  :  «  On  peut  établir  comme  vérité  générale  que  les
I  »  importations  et  les  exportations  d’un  pays  tendent  naturellement  à
l  »  s’équilibrer,  et  que  dès  lors  la  balance  du  commerce  ne  peut  lui
\  »  être  pendant  très-longtemps  grandement  favorable  ou  défavora-U
  »  ble.  »  Or,  l’abaissement  du  change,  loin  d’être  temporaire,  existait
\  avant  l’écrit  de  M.  Tbornton,  en  1802,  et  a  suivi  depuis  une  progression ­
  croissante.  La  cote  est  maintenant  de  15  à  20  p.  O/o  contre
nous.  D’après  ses  propres  principes,  M.  Tbornton  devra  donc
l’attribuer  à  une  cause  plus  permanente  qu’une  balance  défavorable
du  commerce,  et  je  ne  doute  pas,  quelle  qu’ait  été  son  opinion  antérieure, ­
  qu’il  n’arrive  à  assigner  exclusivement  tous  ces  résultats
à  une  dépréciation  des  agents  monétaires.
Il  n’est  plus  possible,  je  pense,  de  nier  que  les  billets  de  banque  ne
soient  en  discrédit.  Quand  le  prix  des  lingots  d’or  est  à  i  livres  10  s.
l’once,  ou,  en  d’autres  termes,  quand  un  homme  consent  à  donner  en
échange  d’une  once  d’or  un  titre  représentant  offieiellement  une  obligation ­
  de  payer  une  once  et  un  sixième  d’or,  il  serait  étrange  de  soutenir ­
  que  4  1.  10  s.  en  billet  et  4  1.  10  s.  en  or-monnaie  sont  une
valeur  égale,  l  ne  once  d’or  donne  par  le  monnayage  3  I.  17  s.  10
1  /2  d.  Lorsque  je  possède  cette  somme,  je  possède  donc  une  once
d’or,  et  certes  je  n’irai  pas  donner  pour  l’obtenir  4  1.  10  s.  en  pièces
d’or  ou  en  billets  immédiatement  échangeables  contre  4L  10  s.
A  moins  que  les  prix  ne  s’évaluent  dans  la  monnaie  dépréciée,  il
serait  fou  de  supposer  que  telle  peut  être  la  situation  du  marché.
Si  le  prix  de  l’or  s’évaluait  en  argent  il  pourrait  s’élever  à  4,  5
et  même  101.  l’once.  Et  cette  augmentation  elle-même  pourrait  ne
pas  indiquer  une  dépréciation  de  la  monnaie  de  papier,  mais  seulement
une  altération  survenue  dans  la  valeur  relative  de  l’or  et  de  l’argent. ­
  Or,  j’ai  déjà  prouvé  ,  je  crois,  ((ue  l’argent  n’est  pas  la  mesure
type  de  la  valeur,  et  ne  peut,  par  cela  même,  servir  à  coter  la  valeur ­
  de  l’or.  Mais  cette  hypothèse,  fût-elle  exacte,  comme  une
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.