Full text : Oeuvres complètes

LE  HAUT  PRIX  DES  LINGOTS.  —  APPENDICE.  441>
elles  reposent  sur  la  supposition  que  toute  augmentation  dans  les  billets ­
  de  cette  valeur  produit  une  augmentation  équivalente  dans  la
circulation  monétaire.  On  voit  bien  clairement  à  combien  d’erreurs ­
  conduisent  ces  raisonnements,  quand  on  réfléchit  qu’en  1797
les  billets  de  1  1.  et  de  ‘i  I.  n’existaient  pas  dans  la  circulation,
que  leur  place  était  entièrement  remplie  par  des  guinées,  et  que  depuis ­
  cette  époque  il  n’en  a  pas  été  émis  moins  de  sept  millions,  soit
pour  combler  le  vide  laissé  par  les  guinées  exportées  ou  thésaurisées
  ,  soit  pour  maintenir  l’équilibre  entre  les  intermédiaires  des
grands  et  des  petits  paiements.  Je  puis  dénier  hardiment  au  rapport
de  M.  Pcarse  l’autorité  nécessaire  pour  combattre  l’opinion  que  j’ai
hasardée  et  qui  attribue,  dans  tous  les  cas,  la  balance  défavorable  du
commerce  et  la  sécurité  subséquente  du  change  à  une  circulation  relativement ­
  exubérante  et  à  bon  marché  \  —  Mais  quand  bien  même
les  raisonnements  de  M.  Pearse  ne  seraient  pas  aussi  erronnés  que
le  sont  ses  faits,  il  lui  serait  impossible  de  justifier  les  conclusions  qu’il
en  a  tirées.
M.  Pearse  établit  que  l’accroissement  des  billets  de  banque,  de
janvier  1808  à  Noël  1809,  se  réduit  à  la  différence  entre  17  Ifi  et  18
millions  ou  à  500,000  1.,  et  que  le  change  avec  Hambourg  a  fléchi
pendant  le  même  délai  de  34  s.  9gr.  à  28  s.  0  gr.  ;  —  ce  qui  forme
une  augmentation  de  billets  de  moins  de  3  0/0  et  un  avilissement
des  changes  de  plus  de  18  0/0.
Mais  où  donc  M.  Pearse  a-t-il  appris  qu’à  Noël  1809  il  n’existait ­
  que  ÎHmilUons  de  bank-notes  en  circulation?  Après  avoir  compulsé ­
  tous  les  tableaux  rédigés  sur  le  montant  des  billets  de  banque
en  circulation  au  mois  de  décembre  1809,  je  persiste  à  conclure  que
les  évaluations  de  M.  Pearse  sont  inexactes.  —  M.  Mushet  nous
donne  dans  ses  tables  quatre  relevés  des  billets  de  banque  dans  la
même  année.
Dans  le  dernier  des  relevés  relatifs  à  l’année  1809  ,  il  a  porté  le
montant  des  billets  de  banque  en  circulation  à.  .  .  19,742,998
L’appendice,  joint  au  Bullion-Report,eX.  divers
rapports  faits  dernièrement  à  la  Chambre  des
Communes  donnent,  pour  le  12  décembre  1809,.  .  .  19,727,520
Pour  le  1®^  janvier  1810  20,669,230
'  Je  ne  prétends  pas  nier  que  l’invasion  soudaine  d’un  ennemi,  ou  une  commotion ­
  quelconque  capable  d’ébranler  dans  un  pays  les  propriétés,  puissent  former ­
  une  exception  à  cette  règle  ;  mais  le  change  sera  généralement  défavorable
pour  les  pays  placés  dans  de  telles  circonstances.
{ÜEuv.  de  Ricardo.]

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