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OEUVIŒS DIVERSES.
espèces produit exactement les mêmes effets qu’une circulation mé
tallique.
Supposons dès lors que le premier cas se reproduise en face d’une
circulation nationale toute composée de papier, les changes ne tom
beraient-ils pas, et les lingots ne s’élèveraient-ils pas, par soumis
sion aux règles que j’ai déjà présentées? De plus, notre circulation
ne serait-elle pas dégradée, puisqu’elle n’aurait plus sur les marchés
du monde une valeur égale au métal dont elle est le signe représen
tatif? Rien ne peut démentir le fait de la dégradation d’une monnaie.
Et c’est en vain que les directeurs de la Banque pourraient certi
fier au public qu’ils n’ont jamais admis à l’escompte que des effets
solides, dans des opérations bonâ fide. C’est en vain qu’ils affirme
raient n’avoir jamais imposé un billet à la circulation; que la masse
des unités monétaires, constamment égale à celle des époques anté
rieures, était seulement proportionnelle aux besoins du commerce qui
s’était accru et non affaibli ‘ ; que le prix de l’or, arrivé ici à deux fois
sa valeur à la Monnaie, était aussi élevé et même supérieur au de
hors, comme on pourrait le prouver, en envoyant une once de métal
à Hambourg et se faisant remettre le montant par une lettre de change
payable à Londres en bank-notes ; qu’enfin l’accroissement ou la dimi
nution des billets ne pouvait agir sur le change ou sur le prix des
lingots. Tous ces faits, excepté le dernier, seraient vrais, qu’on ne
trouverait cependant pas un homme qui refusât de reconnaître la
dépréciation de notre monnaie. Ces symptômes, que j’ai énumérés,
pourra-t-on les faire dériver d’une cause étrangère à l’exubérance
relative de notre circulation? Pourra-t on la ramener à sa valeur en
lingots par d’autres voies que celles-ci : Réduire la masse de nos
unités monétaires, ce qui en élèverait la valeur au taux de la circula-
’ Les chefs de la Banque n’ont pu appuyer sur leurs propres principes cette
opinion si radicalement erronée ; le taux de V inter H se trouverait affecté
par des émissions excessives, et que par suite il provoquerait des demandes de
remboursement de la part des porteurs de billets de banque. Ils ne l’ont
pu ; car, dans le cas supposé où le montant actuel des monnaies du marché était
fortement diminué, ils doivent reconnaître que le taux de l’intérét s’élèvera géné
ralement, et que dès loré ils pourront accroître leurs émissions. Si après l’ha
bile argumentation du docteur Smith, il était nécessaire d’invoquer de nouveaux
raisonnements pour prouver que le taux de l’intérêt se règle entièrement par le
rapport établi entre la masse du capital et les moyens d’utilisation, et qu’il est
entièrement indépendant de l’abondance ou de la rareté des agents de circula
tion ce commentaire ferait je l’espère, disparaître tous les doutes.