Full text : Oeuvres complètes

RÉPONSE  AUX  OBSERVATIONS  DE  M.  BOSANQUET.  50K
forcée,  sont  en  ce  moment  trop  éclatants  pour  être  niés;  comme  on  ne
peut  les  expliquer  par  d’autres  moyens  théoriques  ou  pratiques,  ne
sommes-nous  pas  autorisés  à  soupçonner  que  la  Banque  d’Angleterre,
telle  qu’elle  est  actuellement  constituée,  n’est  pas  aussi  dénuée,  que
ses  amis  voudraient  nous  le  faire  admettre,  du  pouvoir  de  donner
cours  forcé  à  une  monnaie?  Je  n’ai  pas  prétendu,  par  les  mots  circulation ­
  forcée^  accuser  la  Banque  de  s’être  écartée  de  ces  sages  précautions ­
  qui  ont  habituellement  présidé  à  ses  émissions.  J’ai  seulement ­
  voulu  dire  que  le  bill  de  restriction  lui  permet  de  maintenir, ­
  par  une  concession  fondée  sur  la  quantité  de  numéraire
existant,  de  maintenir,  dis-je,  dans  la  circulation  une  masse  de  billets ­
  supérieure  à  celle  qu  elle  eût  conservée  sans  cette  mesure.  —
C’est  ce  surj)lus  que  je  considère  comme  produisant  les  mêmes  effets
qu’une  circulation  imposée  au  public  par  une  banque  gouvernementale. ­
  L’assertion  qui  porte  que  les  émissions  ne  dépassent  pas  les
besoins  du  commerce  n’a  aucune  valeur,  parce  qu’il  est  impossible
de  déterminer  la  somme  que  nécessitent  ces  besoins.  Le  commerce
est  infatigable  dans  ses  demandes;  et  ses  mêmes  branches  peuvent
employer  ÍU  ou  100  millions  d’agents  de  circulation.  La  quantité
dépend  ici  entièrement  de  la  valeur.  Si  les  mines  ont  été  dix
fois  plus  productivtis,  la  même  industrie  emploiera  dix  fois  plus  de
numéraire.  M.  Bosanquet  adopte  cette  opinion;  mais  il  repousse
toute  analogie  entre  les  émissions  de  la  Banque  et  les  produits  d’une
nouvelle  mine  d’or.
M.  Bosanquet  fait  sur  ce  sujet  les  observations  suivantes  :
«  M.  Ricardo  a  assimilé  la  Banque  d’Angleterre  pendant  la  restriction, ­
  et  relativement  à  l’effet  de  ses  émissions,  à  une  mine  d’or  dont
le  produit,  versé  dans  la  circulation  en  accroissement  des  agents
monétaires’  déjà  suflisants,  deviendrait  un  excès.  Il  attribue  à  ce
trop  plein  le  pouvoir  incontestable  de  déprécier  la  valeur  de  la
monnaie  existante,  ou,  en  d’autres  termes,  d’élever  le  prix  des  marchandises ­
  contre  lesquelles  on  les  échange  habituellement.  Mais
M.  Ricardo  n’a  pas  fixé  le  terme  le  plus  essentiel  de  la  comparaison  :
f*ourquoi  la  découverte  d’uue  mine  d’or  produirait  cet  effet.  Elle  le
produirait,  parce  que  les  propriétaires  émettraient  le  métal  de  leurs
mines  en  réponse  à  toutes  les  demandes,  sans  contracter  l’engagement
de  restituer  une  valeur  égale  aux  détenteurs,  et  en  s’affranchissant  du
désir  ou  de  la  nécessité  de  rappeler  et  d’annuler  ce  qu’ils  ont  emis.  Progressivement, ­
  les  émissions  croissent  au  point  de  dépasser  les  besoins
de  la  circulation  ;  l’or  ne  prmluit  plus,  comme  or,  de  bénéfices  au  de-
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.