Full text : Oeuvres complètes

■'<^6  OEUVRES  DIVERSES.
lenteur;  il  ne  peut  le  consoniiner  ni  s’en  vêtir.  Pour  le  fertiliser,  il
faudra  qu’il  l’échange  contre  des  objets  d’une  utilité  immédiate  ou
contre  ceux  qui  promettent  un  revenu.  La  demande  et,  par  suite,
le  prix  des  marchandises  et  des  valeurs  réelles  s’élèveront  donc
relativement  à  l’or;  et  cette  progression  se  perpétuera  tant  que  la
mine  sera  exploitée.  Dans  les  circonstances  que  j’ai  sup;)osécs,  cet
effet  se  reproduirait  également,  si  les  émissions  consistaient  en
papier  d’une  hampie  gouvernementale.  J’admets  entièrement  toute
ces  déductions  ;  mais  je  n’y  vois  pas  un  seul  point  d’analogie  avec
les  émissions  de  la  Banque  d’Angleterre.
»  Le  principe  sur  lequel  la  Banque  fonde  l’émission  de  scs  billets
est  celui  du  prêt.  Chaque  billet  est  livré  à  la  demande  d’une  partie. ­
  Celle-ci  devient  débitrice  envers  la  Banque  du  montant  du  billet; ­
  garantit  la  restitution  de  ce  billet  ou  de  tout  autre  d’une  valeur
égale,  à  une  époque  fixe  et  rapprochée,  et  paie  en  outre  un  intérêt
proportionné  à  l’échéance.  »
Supposons  actuellement  que  la  mine  d’or  soit  une  propriété  de  la
Banque,  sise  sur  son  propre  terrain  ;  supposons  que  la  Banque  fasse
frapper  en  guinées  l’or  de  ses  exploitations,  et  qu’au  lieu  d  émettre
des  billets,  quand  elle  escompte  le  papier  ou  les  revenus  du  gouvernement, ­
  elle  ne  livre  que  des  guinées  h  la  circulation  ;  —  |>ourrait-on
assigner  à  ses  émissions  d’autre  limite  que  la  fécondité  future  de  sa
mine?  En  quoi  différeraient  les  circonstances,  si  la  mine  était  la  propriété ­
  du  roi,  d’une  compagnie  de  marchands,  ou  d’un  simple  particulier? ­
  M.  Bosanquet  admet  que  dans  ce  cas  la  valeur  de  la  monnaie
fléchirait,  et  je  suppose  qu’il  admet  aussi  que  cette  baisse  serait  en  rapport ­
  direct  avec  son  accroissement.
Mais  que  deviendra  l’or  entre  les  mains  du  propriétaire  de  la
mine?  il  servira  à  lui  donner  des  intérêts,  ou,  en  délinitive,  il  affluera ­
  vers  ceux  qui  l’utiliseront  dans  ce  but.  C’est  là  sa  véritable
tendance.  Il  pourra  circuler  entre  les  mains  de  100  ou  1000  personnes; ­
  mais  en  dernier  ressort  il  retrouvera  cette  fonction.
Maintenant,  si  la  mine  double  la  quantité  de  la  monnaie,  elle  dépréciera ­
  sa  valeur  dans  la  même  proportion  et  en  provoquera  une  demande ­
  deux  fois  plus  considérable.  —  Le  négociant  qui  réclamait  un
prêt  de  10,0001.  st.  demandera  actuellement  20,000;  et  il  lui  importera
fort  peu  de  distinguer  s’il  continue  à  n’emprunter  que  10,000  I.  st.  à
la  Banque,  et  10,000  I.  st.  à  ceux  chez  qui  ces  fonds  retournent  en
définitive,  ou  s’il  emprunte  la  totalité  des  20,0001.  st.  à  la  Banque  ellemême.
  L’analogie  me  semble  complète  et  au-dessus  de  toute  contesta-
            
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