Full text: Oeuvres complètes

^9 OEUVRES DIVERSES, 
quidation de prêts, si la loi contre l’exportation du numéraire pouvait 
être rigoureusement appliquée. La monnaie serait beaucoup deman 
dée, non parce qu’elle ne peut être absorbée par la circulation; mais 
parce qu’il y aurait profit à l’exporter. Toutefois, supposons un cas 
où la monnaie ne puisse être exportée avec bénéfice; supposons (|ue 
tous les pays européens confient aux métaux précieux les mouve 
merits de leur circulation et que tous, simultanément, établissent 
chez eux une banque régie par les mêmes principes que la banque 
d Angleterre. Uouiraient-ils ou ne pourraient-ils pas ajouter indi 
viduellement à la circulation métallique une certaine proportion de 
papier? Et pourraient-ils, ou ne pourraient-ils pas perpétuer le cours 
de ce papier? L’affirmation mettrait fin tout d’abord à notre argumen 
tation. Elle prouverait qu’on peut étendre une circulation déjà suf 
fisante sans forcer les billets à revenir à la Banque m paiement d’ef 
fets souscrits. Si l’on répondait par une négation,^n appellerais a 
l’expérience ; je réclamerais l’exposé du système par lequel les bank 
notes furent primitivement créés, et par lequel ils se perpétuent dans 
la circulation. 
Le serait un travail pénible que de suivre dans toutes ses pii ases 
l’analogie qui existe entre le premier établissement d’une banque, 
la découverte d’une mine et la situation actuelle de notre Banque. 
Mais je demeure convaincu que, sous l’empire des principes soutenus 
par les directeurs de la banque, on n’aurait pu maintenir la circula 
tion d’un seul billet de banque, et que lá découverte des mines de 
l’Amérique n’aurait pu ajouter une seule gui née à la masse moné 
taire de l’Angleterre. En effet, la quantité supplémentaire d’or aurait 
afflué, suivant ce système, dans une circulation déjà complète et 
qu’on ne pouvait plus étendre. 
Refuser d’escompter les billets, qui n’auraient pas pour origine des 
opérations régulières, serait tout aussi ineffl(;ace pour limiter la cir 
culation. Car tout en accordant aux directeurs les moyens de re 
connaître ces billets, chose complètement inadmissible, on lancerait 
encore dans la circulation une quantité de papier supérieure, non aux 
besoins actifs du commerce, mais à la monnaie qu’on pourrait main 
tenir dans les canaux de la circulation, sans le secours d’une dépré 
ciation. Il est avéré que les mêmes 1000 I. st. peuvent liquider vingt 
opérations bonà fide dans un jour. Elles peuvent acijuitter le prix 
d’un navire; le vendeur de ce navire pourra les faire servir à payer 
son cordier, ainsi que ses marchands de chanvre en Bussie, etc., etc. 
Mais comme toutes ces opérations ont été faites honà (ide, il pourra 
tirer pour chacune une lettre de change, et la Banque, d’après son
	        
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