Full text: Oeuvres complètes

ŒUVKKS I)IVP:I\SES. 
prendre un ¡ihre essor el <jue la prod net ion ne sera pas limitée par 
les lois de la nature , comme dans le cas spécial de quelques vins, la 
valeur échangeable des marchandises se réglera en dernier ressort sur 
la difficulté ou la facilité de leur création*. Il semble , alors , que 
le seul effet du développement de la richesse sur les pri)¿, indépen 
damment de tout perfectionnement agricole ou manufacturier, se 
réduit à élever le prix des produits naturels et du travail, et a 
abaisser le taux général des profits à raison de f accroissement des 
salaires, — laissant d’ailleurs toutes les autres marchandises à leur 
valeur première. 
Ce fait a plus d’importance qu’on ne serait disposé a lui en ac 
corder tout d’abord , car il touche aux intérêts du propriétaire et de 
joutes les classes de la société. Les conséquences de 1 accumulation, en 
accroissant les dilHcultés de la production agricole, améliorent la situa 
tion du propriétaire sous deux formes distinctes : elles lui donnent une 
plus grande quantité de produits, et en outre elles augmentent la valeur 
échangeable de ces produits. Quand sa rente grandit de quatorze 
quartern à vingt huit elle fait plus que doubler, parce qu’elle lui per 
met d’obtenir plus du double de la quantité des marchandises contre 
lesciuelles il échange les vingt-huit quarters. Comme la rente est sti 
pulée et acquittée en numéraire , il reçoit dans cette hypothèse plus 
de deux fois le montant primitif de sa rente pécuniaire. 
Réciproquement, la rente venant à licchir, le propriétaire aurait à 
subir deux pertes : il perdrait d'abord celte fraction des produits 
naturels qui constituait sa rente additionucllc ; puis, il supporterait la 
dépréciation de la valeur échangeable du produit brut ou de l’équi 
valent du produit brut avec lequel doit être acquittée la rente dont 
veut jouir. # 
Comme le revenu du fermier se traduit en produits naturels, on 
dans une quantité représentative de ces produits, il est aussi intéressé 
que le propriétaire à en voir augmenter la valeur échangeable ; mais 
un prix médiocre peut se compenser à ses yeux par de grandes quan 
tités supplémentaires. 
11 en résulte nécessairement que l’intérêt du propriétaire est con 
stamment opposé à celui de toutes les autres classes de la société. Sa 
I Quoique les prix se règlent définitivement sur les frais de production, y com 
pris les profits généraux du capital, et tendent constamment vers ce critérium 
les marchandises sont soumises, et le blé, plus que toutes les autres peut-être, à 
des prix exceptionnels dérivant de causes temporaires
	        
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