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ESSAI SER i;iNFLl ENCE DE RAS PRIX DES RI,ÉS.
principe« dont nous avons étavé la théorie de la renie sont exacts, il
est évident qu’au sein d’une population immobile, en face d un eapi-
tal agricole dont on n’a fias alfaibli l’importance, il est évident, dis-je,
que les profits de l’agriculture ne sauraient grandir ni la rente tombe:.
Il n’y a donc ici que deux opinions possibles : ou l’on soutiendra, et
qui est en contradiction avec toutes les lois de l’Économie politique,
que les profits des fonds commerciaux peuvent s accroitre considéra
blement sans réagir sur le capital agricole, ou 1 on décidera que dans
de telles circonstances les profits du commerce doivent eux-mêmes
rester immobiles \
Je me range de cette dernière opinion que je trouve d’accord avec
la vérité. Je ne nie pas que le spéculateur qui^ le premier, découvre un
marché nouveau et plus favorable ne puisse recueillir pendant quel-
iiue temps et avant que la concurrence ne s’éveille, des bénéfices ex
ceptionnels. Il pourra, en effet, vendre les marchandises qu’il exporte
a des prix plus élevés que ceux pour (fui le nouveau marché est in
connu, ou bien il pourra acheter les marchandises d’importation à des
conditions plus favorables, l’ant que son industrie seule, ou jointe à
celle de rares concurrents, exploitera ce champ commercial, ses profits
pourront dépasser le niveau général des profits. Mais nous parlons.ici
du tauxjuniversel des profits, non des bénéfices de qucbpies individus.
Kt je ne doute pas que ces profits extraonlinaircs obtenus par un
petit nombre de spéculateurs initiés à un commerce nouveau, loin d é-
lever le taux général, ne redescendent eux-mêmes au niveau habituel.
En effet, A mesure (jne l’exercice de ce commerce s’étendra et sera
mieux connu, l’abondance" sans cesse croissante des inarchandisw
étrangères et les facilités d’acquisition en feront baisser la valeur a un
degré tel que la vente se fera au taux oi-dinaire de tous les bénéfices.
Os conséquences sont analogues à celles qui résultent, à l’intérieur,
de l’emploi d’agents mécaniques perfectionnés.
• M. Maitlius me fournit ici une heureuse confirmation. Il a comparé avec jus
tesse « le sol à la réunion d’un très-grand nombre de machines, toutes suscepti
bles de perfectionnements continuels par le capital qu’on y consacre, mais cepen
dant toutes caractérisées par une puissance et des qualités diverses. » Je deman
derai alors comment les profits peuvent s’élever quand nous sommes obligés de
mettre en œuvre celle des machines dont la puissance et les qualités sont les
moins parfaites. Nous ne pouvons refuser de l’employer, car elle est la condition
sine (/?ià non })our obtenir les subsistances nécessaires à la |H»pulation, subsis
tances dont nous n’avons pas supposé que la demande edt diminué Kt qui donc
consentirait à l’utiliser s’il pouvait recueillir ailleurs de plus grands bénéfices?