ÉÏABLISSEM. D’UNE CIKCÜLATION MONETAIRE. — INTROD. 575
la nation à la Banque, pour repousser toute tentative de modifica
tion. J’ai toujours pensé qu’il y avait, entre les services rendus par
la Banque au public et la grandeur du privilège qui lui a été concédé
lors du renouvellement de la charte, une disproportion déjà mani
feste, et qui s’aggrave encore en raison de l’époque et des circonstan
ces où cette concession a été faite ; je ne demanderai pourtant pas la
révision du contrat, et je laisserai la Banque jouir en paix de tous les
fruits d’un marché aussi imprudent et aussi inégal.
Mais l’arrangement conclu en 1808, pour radministration de la
dette nationale, se distingue profondément, selon moi, du traité ci-
dessus , et les deux parties sont en droit de l’annuler. 11 ne se trouve
limité par aucune date et ne peut avoir aucune connexité néces
saire avec la durée de la charte, qui fut rédigée huit ans auparavant ^
d ailleurs comme il s’applique aux circonstances qui présidèrent à
son adoption ou qui la suivirent de quelques années seulement, il
perd, parcela même, tout caractère obligatoire. C’est ce que M. Per
ceval a établi dans le passage suivant de sa lettre à la Banque, datée
du 15 janvier 1805, et dans laquelle il déclare accepter l’échelle des
a! locations proposées par la Banque pour la gestion des deniers pu
blics. « Sous l’influence de ces faits, dit M. Perceval, j’incline for
tement vers l’adoption du projet de la Banque, en ce qui touche
aux faits secondaires du contrat; et dès lors, j’accède à 1 échelle d in
demnités qu elle propose ; mais celle échelle doil se rapparier rigou-
reuscmenl aux circonslances acluelles ou à celles que peuvenl ame
ner un pelil nombre d’années. Huit années se sont écoulées depuis ,
et pendant ces huit années la dette non rachetée s’est accrue de 280
millions. Dira-t-on , alors, qu’aucune des parties n’a ni ne peut ja
mais avoir le droit d’annuler cette convention , ou d’y introduire
les modifications dictées par le temps et par les événements? «
J’ai contracté envers M. Grenfell une dette importante; car je
n’ai guère fait que reproduire, dans cette partie du sujet, ses argu
ments et ses conclusions. J’ai voulu offrir aussi mon tribut à une
cause qu’il a si puissamment plaidée au parlement et dans laquelle
le succès ne peut manquer de couronner ses efforts.