Full text : Oeuvres complètes

OEUVRES  DIVERSES.
Dans  la  dernière  assemblée  générale,  l’honorable  M.  Boiiverie
demanda  qu’il  fût  soumis  aux  actionnaires  un  relevé  total  des  réserves ­
  de  la  Banque  ;  il  soutint,  avec  la  plus  grande  habileté,  que  la  loi
relative  à  la  répartition  successive  des  prolits  avait  été  probablement
dictée  au  législateur  par  les  résultats  merveilleux  que  produit  1  accumulation ­
  à  intérêts  composés,  et  par  les  dangers  qu’une  corporation
assise  sur  des  trésors  gigantcscpies  pouvait  taire  courir  à  la  conslitu
tion  et  au  pays.  Si  les  prolits  de  la  Banque  s’accumulaient  dans  le
même  rapport,  sans  que  l’on  augmentât  les  dividendes  actuels  de
10  p.  O/o,  l’agglomération  successive  des  bénéiiees  réservés  pendant
quarante  ans  laisserait  entre  ses  mains  un  capital  disponible  de  plus
de  120  millions.  C’est  donc  avec  sagesse  que  le  Parlement  a  ordonne
les  dispositions  suivantes  :  «  Tous  les  profits,  bénéfices,  avantages
qui  pourront  naître  des  opérations  de  ladite  corporation  (les  frais
d'administration  intérieure  seuls  exceptes),  devront  être  répartis  de
temps  en  temps  parmi  les  actionnaires  du  fonds  social  de  la  Banque,
proportionnellement  à  la  mise  de  chacun  et  à  sa  part  dans  l’intérêt
et  les  bénéfices  du  capital  collectif.  »
Ceux  qui,  dans  la  dernière  assemblée  générale,  justifièrent  les  directeurs ­
  de  s’être  écartés  des  prescriptions  de  la  loi,  pensèrent  que  les
réserves  pouvaient  être  avantageusement  colloquées  dans  le  capital
actif  de  la  Banque,  et  reeommaiidèrent  cette  mesure.  Il  paraîtrait  que
les  directeurs  sont  favorables  à  ce  projet.
Cette  mesure  reconnue  bonne,  il  resterait  à  déterminer  le  cliillre  du
capital  additionnel.  Pour  «da,  il  faudrait  que  les  actionnaires  eussent
devant  les  yeux  le  montant  de  leurs  fonds  aeeumuiés,  et  fussent  appelés ­
  à  juger  l’opportunité  de  la  réforme  :  alors,  et  alors  seulement,
on  obtiendrait  la  sanction  du  Carlcmcnt.
Mais  les  administrateurs  de  la  Banque  n’ont  rempli  aucune  de  ces
conditions.  Ils  ont  obéi  à  la  force  des  choses  qui  ajoutait  chaque  année ­
  des  réserves  nouvelles  au  capital  social,  mais  ils  n  ont  jamais  dé
terminé  le  cbilTrc  de  ces  accroissements  ,  présents  ou  futurs  ;  ils  ont
accumulé,  constamment  accumulé,  sans  soumettre  de  comptes  aux
actionnaires,  sans  les  consulter  ,  et  non  seulement  en  dehors  de  Ifi
sanction  législative,  mais  encore  au  mépris  d’une  loi  spéciale  trèspositive.

Mais  en  admettant  que  les  directeurs  sc  soumettent  à  toutes  ces
conditions,  le  fond  de  la  question  sc  trouvera-t-il  jugé  favorablement,
et  les  raisons  sur  lesquelles  on  a  voulu  appuyer  la  mesure,  en  disant
qu’elle  étendrait  les  opérations  de  la  Banque  et  qu’elle  fortifierait  le»
            
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