Full text: Oeuvres complètes

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OEÜVRKS DIVERSES. 
de bénéfices, pendant plus de dix ans? La voix de tous, en publiant 
l’augmentation des sources de leurs revenus, n’a-t-elle pas été pour 
eux la seule preuve de l’accumulation successive de leurs bénéfices? 
A des hommes appelés à administrer des millions et voués à cette 
mission délicate, il ne sied point de demander une confiance aussi 
illimitée, une foi aussi entière dans leur valeur personnelle, sans 
8 appuyer sur des motifs 8t*rieux j et cependant la seule réponse 
que firent les directeurs à la motion portée dans la dernière assem 
blée pour obtenir la présentation des comptes , fut qu’ils considére 
raient l’adoption d’une telle mesure comme un acte de défiance, et 
comme une condamnation de leurs œuvres. 
De tous côtés on proteste contre de telles pensées; mais, chose 
étrange à redire, on ne peut obtenir d’autre réponse de la part des 
directeurs. 
La publication des comptes est doublement nécessaire aux action 
naires. Elle leur sert à apprécier la moralilé de la gestion des direc 
teurs, et en même temps à s’assurer de VhabiJeté avec laquelle leurs 
al lai res sont administrées. Depuis 1797, il n’a point été dressé acte 
de la situation de la llanque, et le document même qui fut redige 
alors par nécessité, fut soumis au Parlement seul et n’arriva point 
jusqu’aux actionnaires intéressés. Comment ces derniers sauraient- 
ils donc si, dans les circonstances où ils se sont trouvés pla 
cés, les directeurs ont constamment su donner à leurs opérations 
la marche la plus favorable, à leurs capitaux la destination la plus 
productive ? Ne serait-il pas désirable que, de temps en temps, les 
actionnaires pussent examiner si leurs légitimes espérancTS ont été 
réalisées, et si leurs affaires ont été conduites avec autant d'ha 
bileté que d’honneur et de loyauté ? Peut-être, si ce système de com- 
muuimtion générale des comptes avait été toujoui's suivi, les action 
naires eussent sévèrement blâmé les directeurs de 179.1, 1794 et 
1795 iK)ur avoir si mal géré leurs intérêts en gardant constamment 
dans leurs caisses une réserve qui dépassa généralement les trois 
quarts , et descendit rarement au-dessous de la moitié des billets en 
circulation. Ces derniers eussent probablement appris alors qu’un tel 
abandon des ressources delà Banque indiquait une connaissance bien 
légère des principes qui régissent une circulation de papier '. 
* Pour le montant du numéraire et des lingots conservés à la Banque pendant 
ces quelques années je m’en réfère aux calculs que j’ai déjà indiqués, p. 614. Je 
n’ai aucune raison pour douter de leur exactitude générale.
	        
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