Full text: Oeuvres complètes

704 OEUVRES DIVERSES. 
négociant des fonds du trésor , en consolidant de nouvelles dettes ou 
en s’adressant aux nombreuses banques qui existeraient dans lepa} s, 
mais dans aucun cas, il ne devrait lui être permis d’emprunter à ceux 
qui ont le pouvoir de battre monnaie. 
Si les fonds des commissaires se multiplient dans une proportion 
assez large pour laisser entre leurs mains un excédant dont ils puis 
sent recueillir des bénéfices, qu’il leur soit permis d’aborder le mar 
ché et d’acheter publiquement des valeurs nationales : si, au contraire? 
ils éprouvaient la nécessité de resserrer leurs émissions sans diminuer 
leur réserve en or, il faudrait les admettre à \endre ces valeurs de 
même manière sur un marché officiel. Ces dispositions entraîneraient 
un léger sacrifice, équivalent à l’agio que l’on suppose constituer sur 
ce marché le gain de ceux dont la profession consiste à consacrer 
leurs capitaux et leur habileté au commerce de ces valeurs; mais 
souvenir même de ce sacrifice disparait dans une question aussi im 
portante. On doit se rappeler que la concurrence qui règne dans ce 
commerce a réduit les bénéfices du marché a un chiffre Irès-minimc ? 
et que le montant de ces opérations doit nécessairement être assc^ 
restreint. Kn effet, on maintiendrait facilement la circulation à u>‘ 
juste niveau, en ayant recours alternativement à une légère réductiC’ 
ou à une augmentation des espèces et des lingots contenus dans 1«® 
caisses des commissaires. Ce serait seulement dans le cas où la 
cbesse et la prospérité ascendantes du pays exigeraient un accroiss^' 
ment continu des agents monétaires, qu’il y aurait opportunité à co^j 
loquer le numéraire dans des achats de valeurs portant intérêt, 
l’hypothèse contraire d’une décadence manifeste rendrait seule néc^ 
saire la vente d’une partie de ces titres. Ainsi nous voyons que 1^“ 
peut obtenir les garanties les plus complètes contre l’influence, qu 
premier abord, on doit craindre de voir exercer par le gouverneiuc»’ 
sur les émissions d’une banque nationale ; et que, de plus, la créatif'' 
d’un tel établissement grossirait le budget de nos ressources pu*^ *' 
ques de la somme des intérêts que le gouvernement paie annuellein<^* 
à la Banque. 
Je proposerais donc d’organiser l’établissement d’une banque 
tionale sur un plan analogue à celui qui va suivre : 
1® 11 sera procédé à la nomination de cinq commissaires, entre 
mains desquels reposera exclusivement le pouvoir d émettre toute 
monnaie de papier du pays. ^ 
T A l’expiration delà charte de la Banque d’Angleterre, en 1^' ’ ’ 
les commissaires émettront pour 15 millions de monnaie de
	        
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