Full text : Oeuvres complètes

7i6  ŒUVIŒS  DIVERSES.
l’occasion  ?  On  ne  pent  en  effet  faire  servir  une  réserve  à  racheter  la
dette,  et,  en  même  temps,  à  combattre  les  ennemis  :  et  si  les  laxes
sont,  comme  elles  doivent  l’être,  levées  en  vue  de  payer  les  charp[C8
d’une  guerre,  de  quel  suíícíís  peut  être  l’amortissement  pour  leur
perception  ?  Non,  disons-le  franchement  et  hautement  :  les  ministres
savent  fort  bien  que  l’amortissement  ne  peut  favoriser  la  levée  de
nouveaux  impôts,  mais  ils  savent  aussi  qu’ils  pourront  le  détourner
de  son  but  et  le  faire  servir  à  payer  les  intérêts  de  dettes  nouvelles.  Si
leur  argument  ne  signifie  pas  cela  au  fond,  il  ne  signifie  absolument
rien  :  car  une  réserve  n’ajoute  rien  à  la  richesse,  à  la  prospérité  d’un
pays,  et  c’est  cependant  le  développement  de  la  richesse  et  de  la  prospérité ­
  qui  peut  seul  permettre  de  supporter  un  supplément  de  charges. ­
  Que  voulait  dire  M.  Vansiltart,  quand  il  s’écriait  en  1813  ;  «  b’«'
vantage  de  mon  nouveau  système  est  immense,  car  il  mettra  à  notre
disposition  un  capital  de  100  millions  dont  nous  pourrons  nous  armer ­
  en  cas  d’hostilités.  Le  Parlement  se  trouvera  pourvu  alors  d’un
levier  énergique  et  puissant.  Peut-être  dira  t  on  que  cette  force  iiU'
mensc  exaltera  l’ambition,  l’arrogance  de  notre  gouvernement,  et
nous  précipitera  dans  des  luttes  ardentes  et  continuelles:  «  —  objeelion
  pleine  de  sens,  et  à  laquelle  M.  Vansittart  répond  par  les  phrases
spécieuses  qui  vont  suivre  :  —  «■  A  cet  égard,  l’expérience  et  la  réflexion ­
  nous  enseignent  qu’il  vaut  mieux  que  les  autres  peuples  aient
à  réclamer  notre  modération,  qu’à  nous  accorder  la  leur.  Kt  s’il  arri'
vait  que  les  sommes  amassées  fussent  gaspillées  par  l’arrogante  ambition ­
  du  gouvernement,  la  responsabilité  ministérielle  est  là  pn“'
répondre  de  toutes  ses  fautes.  Le  blâme  doit  revenir  alors  aux  déprédateurs, ­
  et  non  à  ceux  qui  ont  mis  entre  leurs  mains  des  moyens
de  défense,  de  grandeur  et  de  gloire,  dont  ils  ont  fait  des  instruments ­
  de  rapines  et  de  désordres.  «
Ces  raisonnements  sont  très-bien  placés,  sans  doute,  dans
bouebe  d’un  ministre;  mais  nous  croyons  que  le  trésor  en  question
serait  mieux  placé  sous  la  garde  du  pays  tout  entier,  et  que  le  P»*’'
lement  a  mieux  à  faire  qu’à  donner  au  gouvernement  des  moyens  de
défense,  de  grandeur  et  de  gloire.  Son  devoir  est,  avant  tout,  de
veiller  à  ce  que  les  ressources  du  pays  ne  servent  pas  aux  dessein^
«  d’une  politique  avide  ,  grossière,  arrogante.  «
Enfin  le  docteur  Hamilton  a  parfaitement  réfuté  la  prétention
M.  Vansittart  a  manifestée  lorsqu’il  attribue  à  son  plan  la  vertu  de
créer,  plus  rapidement,  plus  sûrement  que  tous  les  autres  système®  -
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.