DE 1/AD 11 I AT I QUE AU DANUBE.
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cellents espions. Leur agilité corporelle, la finesse de perception de leur
ouïe, leur esprit rusé, leur habitude de l'observation, leur mémoire et leur
connaissance des lieux, les rendent particulièrement aptes à ce métier. Ils
ne manquent cependant pas de courage, et ils ont plus d’une fois vaillam
ment combattu pour 1 indépendance hongroise. En 1557, bereugi leur
confia la défense du château fort de Aagy-Ida. Ils se comportèrent avec
tant de vaillance que 1 ennemi dut se retirer; mais dans F enivrement de
leur triomphe, ils lui crièrent que s ils n avaient pas manqué de munitions,
ils l’auraient bien autrement arrangé. Les Turcs reprirent 1 offensive, et les
Tziganes furent massacrés, au nombre de mille, du premier au dernier. Tous
les ans, les Bohémiens de la haute Hongrie célèbrent le triste anniversaire
de celle funèbre journée ; ils se lamentent et jouent en 1 honneur des morts
une mélodie funèbre : la Nagy-Idaev, qu’ils u exécutent jamais en public,
et qui passe pour un de leurs chefs-d’œuvre. On a souvent vu des Tziganes
a qui l’on rappelait le souvenir de ce massacre, briser leur violon et en jeter
les débris en signe de douleur et de désespoir.
Le Bohémien est aussi prompt à la colère qu’à la joie. Entre eux, ils
livrent quelquefois de vraies batailles, auxquelles prennent part les femmes,
les enfants et les chiens. Mais la paix se conclut aussi rapidement que la
guerre s’est allumée ; jamais le Tzigane ne nourrit une arrière-pensée de
vengeance.
Parfois aussi ils se provoquent â des combats singuliers, à des duels
au poignard ou au couteau. Ils se mettent alors complètement nus, non
pour se blesser plus facilement, mais simplement pour ménager leurs
habits.
La plus grande injure qu’un Bohémien puisse faire à un autre, c est de
lui dire : « Je mets ta tète sous la jupe de ta femme. » (Me tschiwawa tiro s/iero
tele ttri romniakri soc/ia. ) Cette injure amène toujours un combat san
glant. Aux yeux des Tziganes, tous les objets que touchent les vêtements
d une femme sont impurs.
Malgré la faim, la soit, toutes les misères et les avanies dont un Bohé
mien a â souffrir, ou n’en a jamais vu se suicider. On cite le seul exemple
d une vieille Tzigane qui, pour échapper à ses persécuteurs, pria un berger
de T enterrer vivante.
Entre eux, les Bohémiens parlent la langue de leur berceau, a laquelle
se mêlent plusieurs mots d’origine étrangère.
Comme les anciens Romains et les Indiens de 1 Amérique du Aord, ib*
ajoutent à leur nom de famille un qualificatif qui correspond a\ec le carac
tère de 1 individu : ainsi Met ton go s’appellera le fort, ou le Rouge, Muta,