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LA HONGRIE
Le cocher hésitait; mais, sans attendre sa réponse, je pris les devants. Il
ne tarda pas à me suivre.
La montée était rude, et le sol couvert d’une couche épaisse de débris
croulants ; enfin nous atteignîmes un petit escalier à demi envahi par les
broussailles, et nous arrivâmes dans h intérieur en passant par une large
ouverture béante cpie les pierres, en se détachant une aune, avaient décou-
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Campement de hanasz.
pée en forme de haie mauresque. C’était bien le cadre qui convenait à la
scène tout orientale que nous avions devant nous. Figurez-vous, accroupis
ou couches dans les poses les plus abandonnées, une vingtaine de Tziganes
de tout âge; les plus jeunes tout nus, les hommes avec des gilets rouges
ornés de gros boutons d argent, les femmes enveloppées de lambeaux
d étoffe de coulcui voyante : les vieilles ridées, jaunies, avec des yeux de
braise, un piofil de soicière, laides comme la mort, et savourant l’âcre
fumée d’une pipe de bois.
Leur réunion formait comme un parterre de tulipes, une guirlande
bariolée, autour d un biasier ardent devant lequel rôtissaient toutes sortes
d’animaux embrochés, et où bouillait une vieille marmite suspendue à trois
pieux réunis en faisceau.
Au fond, près d’un pan de muraille encore debout et que décoraient