DE L’ADRIATIQUE AU DA3UWE.
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avec les trois commissaires français de la défense sous-marine, —
MM. Hanès, capitaine de frégate, Hélet et Desdouits, ingénieurs de Cher
bourg, — chargés de prendre, après essai, livraison de torpilles achetées
par le gouvernement. M. le comte Hoyos, gendre et associé de M. White-
head, m’ayant aperçu, vint au-devant de moi et me présenta à ces mes
sieurs. J’assistai sur-le-champ aux expériences les plus intéressantes et les
plus curieuses.
Il n’est pas nécessaire d’être homme du métier pour comprendre la
révolution que de pareils engins sont destinés à opérer dans les guerres
navales. Les torpilles Whitehead ont une telle apparence de vie, une puis-
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Lancement d’une torpille.
sanee de destruction si terrible, qu elles sont plus redoutables que tous les
monstres marins de la Fable réunis. Figurez-vous un énorme poisson
d’acier, ayant la forme d’un thon de six à sept mètres; qui nage avec une
vitesse de vingt à vingt-quatre nœuds à l’heure, et qui, en frôlant seule
ment l’objet contre lequel il est dirigé, fait éclater la provision de fulmi
cotón qu’il porte dans sa tête, et coule bas en quelques minutes les plus
grands navires cuirassés.
Dans les ateliers de M. Whitehead, les ouvriers ont donné à cette
torpille le surnom de « bestia » , c’est-à-dire de bête, tant sa structure et
ses mouvements se rapprochent de ceux d’un être vivant. C’est dans la
tête que se trouve la « mine » , dont la charge varie selon la force de
destruction qu’on exige de la bestia. Seize kilogrammes de fulmicotón