^28 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
Un tailleur déposant devant la Commission Nationale
de la Petite Bourgeoisie en cherche un depuis trois ou
quatr3 ans. C’est seulement à la campagne qu’on en
trouve ; mais il partent au bout d’un an ou deux à
Bruxelles (1). A Braine-le-Comte, depuis dix ans, il n’y
a plus un seul apprenti (2).
Depuis 1846 à 1896, le nombre des ouvriers-tailleurs
a. diminué de 6,2% malgré un accroissement et 59.7 %
des patrons tailleurs. En 1896, sur 11.312 tailleurs
(vêtements pour hommes, ateliers de), 8745 soit 77.31 %
(v. XVIII, p. 164) n’occupaient pas d’ouvriers étran
gers à la famille des exploitants.
Mais la vraie crise n’a fait que commencer. Ce 11’est
que depuis quelques années que le machinisme s’at
taque à cette nouvelle branche d'industrie. La Belgique
comptait en 1904 tout au moins un établissement — peut-
être y en avait-il d’autres — qui réalisait la fabrication
purement mécanique, peut-011 dire, de la confection.
C’est une entreprise de Dison ; la firme : Crutzen
frères (3).
« Que faut-il attendre de la collabiration de toutes
ces machines ? écrit Genart. 11 en est, esprits pré
venus, pour qui la supériorité du travail manuel
est un dogme qu’on ne discute pas. Que de fois
il a fallu entendre que toutes ces machines 11e pou
vaient donner que fort mauvais travail. Pour moi,
je n’y puis croire : chacun de ces outils n’est pas moins
(1) Ib. v. VI, p. 2S9.
(2) Ib. v. V, p. 231.
(3) Office du travail. Industries à domicile, v. VI, p. 49.