42
L’INDUSTRIE COTONNIÈRE EN ALLEMAGNE
donc pu que s’abaisser, le sexe fort n’étant plus repré
senté dans la plupart des filatures que par les soigneurs
de cardes et quelquefois, de batteurs ; et les manœu
vres de cour et autres. Tandis que la main-d’œuvre
femme, étant demandée davantage, a haussé en
moyenne.
Il est de moins en moins rare de trouver des ménages
dans lesquels la femme travaille à la fabrique, le mari
s’occupant du ménage et des enfants. C’est l’inspection
des fabriques qui le constate. La mortalité infantile est
plus grande dans ces ménages.
Les salaires cotonniers sont d’ailleurs, en général, peu
élevés dans le Grand-Duché de Bade, et cela tient à ce
que tous les établissements, sauf un seul, sont situés à
la campagne, dans des vallées. L’ouvrier y est, en majo
rité, propriétaire, il possède un champ, des bestiaux.
Les soins que réclament l’un et les autres, l'empêchent
aussi d’aller à l’auberge et c’est certainement dans ces
conditions là, que la diminution des heures de travail
aura le moins mauvais résultat.
La plupart des fabriques mettent à la disposition de
leurs ouvriers, pour une somme modique, des logements
comportant la jouissance d’un jardin, quelquefois d’un
champ : autant de mauvais clients pour l’auberge.
Puis encore l’industrie cotonnière, plus que tout autre,
offre à la famille, l’avantage de pouvoir occuper plusieurs
de ses membres ; la famille n’est pas dispersée ; les heures
des repas, les distances à parcourir sont les mêmes, et
la surveillance des enfants est plus facile.
L’élément étranger commence à n ôtre pas rare parmi
les ouvriers textiles du Grand-Duché ; il y est cependant
beaucoup moins répandu qu’en Wurtemberg, par exem
ple. Mais les ouvriers et ouvrières italiens se rencontrent
assez fréquemment dans les filatures et lissages, depuis