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ÉTUDE SUR LE COMMERCE EXTÉRIEUR DE LA FRANCE
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Le fait d’ailleurs s’explique aisément par l’obstacle à l'échange
des marchandises qui résulte du tarif de 1892. Les relations économiques
d’un pays avec l’ensemble des autres pays impliquent des
causes multiples de créances et de dettes qui ne dérivent pas toutes
des opérations commerciales, mais qui toutes tendent à se liquider
sous la forme d’un transfert de produits. Lorsque le transfert des
produits devient, à raison de quelques faits que ce soit (et le relèvement
des tarifs de douane est un de ces faits) plus difficile, la
liquidation des créances et des dettes internationales s’opère dans
une plus large mesure par le transfert du numéraire.
Il en résulte une conséquence assez curieuse. Les premières
années de l’application du tarif, les années 1892-96, ont été marquées
par une forte dépression des échanges que nous avons fait
apparaître en rapprochant celte période quinquennale de la période
immédiatement antérieure. Celle dépression subsiste lorsqu’on
ajoute au mouvement des marchandises le mouvement du numéraire,
mais elle est sensiblement moins accentuée ; le surcroît d'activité
des échanges de numéraire compense en partie le ralentissement
des échanges de marchandises. Il suffit de classer les objets
échangés, numéraire compris, par catégories selon leur nature,
conformément aux statistiques officielles, pour apercevoir que de
1887-91 à 1892-96 toutes les catégories ont diminué, sauf la catégorie
numéraire.
Période 1887-1891
Moyenne annuelle en millions de francs
Objets fabriqués 2.449
Objets d'alimentation 2.280
Matières nécessaires à l’industrie 3.106
Or et argent 690
Période 1892-1896
Moyenne annuelle en millions de francs
Objets fabriqués 2.407,5
Objets d’alimentation 1.815,9
Matières nécessaires à l’industrie 2.968,6
Or et argent 782
Ce tableau fait ressortir une des conséquences importantes du
tarif de 1892; j’aurai l’occasion d’y revenir dans les développements
qui suivent.