LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
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Roux(‘), les réponses écrites et verbales des armateurs.
Nous y verrons percer leur mécontentement contre les constructeurs,
leur désir d’échapper à un joiu) dont la pensée
les obsède, leur volonté de modifier un régime légal ipii les
ruine parce gu’il constitue, sous une forme détournée, un
véritable monopole pour les chantiers.
Interrogés d’abord sur les causes de la décadence de la
marine marchande, les armateurs ont dit :
« La cause principale de la décadence de la marine marchande
française réside dans la concurrence acharnée cpi’elle
a à subir de la part des marines étrangères et surtout de la
marine britannique, qui bénéficie de conditions d’existence
sous tous les rapports plus favorables que les nôtres.
« La première de ces conditions est le bon marché de
l’outil (pii constitue l’armement, nous voulons dire le navire.
La Grande-Bretagne a le charbon et le fer à bien meilleur
compte (pie la France, et ses innombrables chantiers de construction
et ateliers de machines sont en mesure de produire
du tonnage à des prix avec lesquels nos constructeurs se
déclarent incapables de lutter. Et non seulement les chantiers
anglais offrent des avantages immenses comme prix,
mais encore la ra[)i(lilé avec hnpielle ils peuvent exécuter
les commandes constitue un nouvel élément de supériorité
pour l’armement anglais.
« La Grande-Bretagne, qui exporte trente millions de
tonnes de charbon par an, fournit un aliment de fret de
sortie aux plus grands navires, tandis qu’en présence du
développement de l’industrie chez toutes les nations étrangères,
aussi bien en Europe qu’eu Amérique et dans l’Extn^me-Orient,
la France voit ses exploi tations sinon diminuei',
tout au moins rester stationnaires.
(i) Rapport sur le budget général de l’exercice i8<j8 (ministère du commerce, de
l’industrie et des postes et télégraphes).