ARMATEURS ET CONSTRUCTEURS.
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« Par conséquent, à mesure que rabaissement des taux
de fret nécessite un accroissement constant du tonnaqe des
navires, la France est de moins en moins en état de leur
fournir un aliment de sortie.
« A ces deux immenses éléments de supériorité que la
marine anqlaise tire de la constitution géoloqique du sol
national, viennent s’en ajouter d’autres provenant de l’ac
croissement constant de la population des lies britanniques
et de son qoùt prononcé pour toutes les choses de la mer.
« Ne se contentant pas des facilités que l’armement anglais
trouve pour recruter ses équipages dans la mère patrie, la
législation lui a encore accordé toute latitude pour les com
poser à son gré avec des étrangers et pour utiliser les ser
vices des races énergupies qui, nées sur les cotes de la pénin
sule Scandinave et de la mer du Nord, n’ayant à exploiter
qu’un sol ingrat, considèrent la mer comme leur véritable
patrie.
((Enfin, en Angleterre, tout concourt au développement
de la marine ; les producteurs de charbon et les maîtres de
lorges, les millions de consommateurs qui vivent de produits
alimentaires importés des pays les plus lointains, les négo
ciants de l’Inde, les (dateurs de Manchester et les colons du
Canada aussi bien que les banquiers de la Cité, ont tout inté
rêt à ce que la marine britannique soit grande et puissante.
Aussi, quoi(pie beaucoup de compagnies de navigation aient
soulTert de la concurrence que les armateurs se font entre
eux, quoique les capitaux placés dans les navires n’y aient
pas trouvé toujours une bien large rémunération, l’arme
ment est en Angleterre un placement national et les arma
teurs particuliers qui construisent des cargo-boats à la
marche lente, mais aux énormes capacités de chargement,
aussi bien (¡ne les grandes compagnies dont les paquebots
atteignent presque la vitesse des trains express, trouvent