ARMATEURS ET CONSTRUCTEURS.
raison du peu de commandes qui leur sont offertes, d’accepter
tout ce qui se présente. Chaque fois, à de rares exceptions
I)rôs, ce sont des études nouvelles, des tâtonnements, des
écoles, en un mot, dont le profit se trouve perdu pour les
constructions à venir. 1
« Enfin, d’une manière générale, et les armateurs le reconnaissent
sans difficulté, le travail qui sort de nos chantiers
est plus soigné ; cela tient à ce que chez nous c’est le même
personnel qui construit pour la marine du commerce et pour
la marine militaire, qu’il a des méthodes de travail particulièrement
précises et conformes aux meilleures règles de l’art.
« D’autre part, l’armateur est plus exigeant chez nous
qu’il ne l’est en Angleterre ; nous sommes obligés de subir
ses exigences, souvent onéreuses, sous peine de voir s’éloigner
le peu de commandes qui nous sont confiées.
« Les armateurs nous disent : Pourquoi vous opposer au
rétablissement de la demi-prime ? Elle nous est nécessaire
pour nous développer. Acceptez-la donc dans votre propre
intérêt, car lorsque nous serons devenus prospères, vous
profiterez de la prospérité générale et retrouverez alors des
commandes plus abondantes. D’ici là tâchez de vivre avec
les réparations.
« Quand les armateurs seront devenus prospères dans ces
conditions, les chantiers auront vécu. Et on ne ressuscite pas
des chantiers morts, car, en particulier, leur personnel ouvrier,
dont l’éducation spéciale est si longue à faire et a besoin
de toute la force des traditions, aura complètement disparu,
dispersé par l’obligation de chercher hors des ports
un travail qu’il n’y trouverait plus.
« Quant aux réparations qu’on nous présente comme un
moyen d’existence provisoire, leur importance n’est pas suffisante
pour alimenter nos chantiers.
« Il est bien démontré que le rétablissement de la demi-