120
LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
(i) Compte rendu de la Commission extraparlementaire, page 5io.
prime enlraîiieraif , sans espoir de retour, la disparition de
nos chantiers. Ce serait une de nos industries les plus natio
nales, les plus nécessaires à la grandeur du pays, sacrifiée
définitivement à l’Angleterre, et aussi à l’Allemagne dont
les chantiers ont pris dans ces derniers temps un essor pro
digieux et tel qu’ils commencent à devenir un sujet d’inquié
tude pour les Anglais eux-mêmes. Et ce qui rendrait le
sacrifice impardonnable, c’est qu’il serait consommé avec
l’aide du Trésor français qui subventionnerait ainsi l’exode
du travail. »
C’est donc, non seulement au nom de son intérêt propre,
mais en invoquant habilement l’intérêt patriotique que la
construction s’insurge contre la demi-prime réclamée par
l’armement.
IV. La compensation d’armement.
Mieux encore que toutes nos appréciations, la diversité
des avis exprimés par les déposants montrera à quelles diffi
cultés se heurtait la commission pour trouver, entre les inté
rêts opposés des constructeurs et des armateurs, un terrain
transactionnel.
M. Jouët-Pastré (*) a fait le relevé suivant des opinions
recueillies dans l’enquête :
«11 y a eu, dit-il, au cours d’une réunion de la Commis
sion, 4fi dépositions orales et 85 dépositions écrites; to
tal, i3i. J’ai compté les dépositions par unité — c’est-à-dire
que lorsqu’il s’est présenté plusieurs personnes à la fois de
vant la sous-commission d’enquête, pour un même objet, je
n’ai compté qu’une seule déposition. J’ai essayé de les faire
répartir en trois catégories : celles qui sont favorables au
rétablissement de la demi-prime, celles qui sont défavora-