154 LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
Ces cales, en maçonnerie et fondées sur pilotis, ont conté
fort cher —près de 100,000 fr. chacune ; il a fallu fouiller le
sol mouvant jusqu’à 17 mètres de profondeur. Le parement
supérieur de la cale est en pierre de taille et présente des
cannelures transversales où s’encastrent des traverses ser
vant de points d’ap[)ni aux tim ou billois sur lesijuels
repose la (piille — pendant la période de construction du
navire — et aux coulisses de l’appareil de lancement, au
moment de la mise à îlot.
En dehors des commandes en voie d’exécution pour la
marine militaire, quatre voiliers en acier de 2,600 tonneaux
de jauge brute sont aux mains des ouvriers ; l’un est en
armement, un autre à la veille d’étre lancé ; les charpentiers
en fer viennent d’achever la mise en place des bordés du
troisième; les couples du ipiatrième sont à peine assemblés.
Nous montons-sur le voilier qu’on est en train d’armer et
qui bientôt prendra sa course vers les continents lointains,
vers la prime fructueuse qui permet de distribuer 20 p. 100
aux actionnaires. Une grue immense, actionnée par un mo
teur électrique et servant à charger et à décharger les
grosses pièces, hisse en ce moment à bord un des grands
mâts d’acier. On achetait autrefois ceux-ci en Angleterre;
le chantier les fabrique maintenant et les fournit même
aux constructeurs voisins à d’excellentes conditions.
L’échantillon de voilier que j’ai sous les yeux est fort inté
ressant — avec ses formes gracieuses, ses installations par
faitement comprises, sa construction robuste et simple à la
fois. C’est de bon ouvrage. M. Painvin m’affirme que le
chantier où nous sommes ferait tout aussi bien les cargo-
boats : «En cinq ou six mois, me dit-il, nous lançons et
nous armons un voilier semblable à celui-ci ; il nous faudra
un délai plus long de deux ou trois mois pour le cargo-boat,
à cause des machines, voilà tout ! »