170 LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
elle aménager ses navires en vue de rinstallation possible
de soldats à l’entrepont arrière et à l’avant. Des stalles sont
même préparées sur le pont et dans l’entrepont pour les
chevaux des officiers.
La spécification des quatre bateaux étant la même, les
chantiers ont pu les construire en série et, par conséquent,
à moindres frais. Ils n’en coûtent pas moins à leurs armateurs
2,5oo,ooo fr. pièce— ce qui est une somme considérable.
Quant aux délais de livraison, ils oscillent entre ipiatorze et
dix-huit mois ; VAmiral-Diiperré et YExelmans, comman
dés en mars 1900, seront achevés, le premier à la date du
i5 août 1901, le deuxième le i5 octobre 1901 ; le Gaesdon
et le Jaiiréguihen'ij, commandés le 18 octobre 1900, seront
livrables respectivement le i5 décembre 1901 et le 15 mars
1902. Les Chargeurs ont déjà fait construire dans les Chan
tiers de la Loire 17 des 34 navires dont se compose leur
flotte. Cette Compagnie va prendre Dunkerque comme point
de départ de ses lignes mensuelles d’Indo-Chine et de la
cote occidentale d’Afrique.
Les Chantiers de Saint-Nazaire construisent enfin des voi
liers. Ils ont même, de ce côté, plus de commandes qu’ils
n’en voudraient ; la spéculation que j’ai constatée à Nantes
se continue ici; M. Guichard la caractérise d’un mot exquis :
« Nous avons, me dit-il, trouvé une veine et nous l’exploi
tons ! » A quand la mise en actions et l’admission en bourse
des « Filons du Budget » ?
Cependant, comme M. Guichard se rend conqite que la
« veine » finira par s’épuiser, il se précautionne pour l’ave
nir en étudiant des types de cargo-boats de 6,000 tonnes
brut, portant en lourd 8,000 tonnes. Ah ! par exemple, il
a la franchise de me déclarer que « jamais » les chantiers
qu’il dirige n’arriveront à construire au même prix que les
établissements anglais. La prime de construction absorbée^