Full text : Le problème de la marine marchande

BK

LES  CHANTIERS  FRANÇAIS.  igi
dont  la  marine  mardi  ande  a  besoin.  Le  secours  que  notre
flotte  commerciale  de  concurrence  peut  attendre  des  Forges
et  Chantiers  me  paraît,  au  moins  |)Our  le  moment,  des  plus
limités.  La  direction  de  la  Société  ne  se  lait  d’ailleurs  pas
d’illusions  et  n’escompte  pas  de  grosses  commandes  d’armateurs ­
  pour  le  lendemain  de  la  nouvelle  loi.
«  L’armateur  français,  me  disait  M.  Coville,  au  moment  où
je  prenais  congé  de  lui,  est  un  timide.  Ce  qui  l’efliaie,  c’est
le  premier  capital  à  verser.  Or,  c’est  là  un  danger  !  La  compensation ­
  d’armement  le  déterminera  à  choisir  l’Angleterre
comme  fournisseur  de  navires,  s’il  y  trouve,  ce  qui  est  certain, ­
  le  bateau  dont  il  a  besoin  à  cent  mille  francs  de  moins
qu’en  France.  La  véritable  solution  à  la  crise  de  la  marine
marchande  est  celle  qui  donnera  aux  armateurs  la  certitude
de  réaliser  de  beaux  bénéfices  tout  en  construisant  en
France.  Je  la  vois,  pour  ma  part,  dans  une  allocation  importante ­
  à  la  vapeur,  uniquement  réservée  aux  navires  construits ­
  en  France,  sans  prime  de  construction,  ni  compensation ­
  d’armement.  »
Et  M.  Covillc,  poursuivant  son  idée,  me  dit  encore  ;
«  Ce  sera  le  signal  de  l’ouverture  immédiate  de  nouveaux
chantiers  ;  les  armateurs  paieront  leur  navire  aussi  cher  qu’il
le  faudra,  certains  de  réaliser  encore  de  beaux  bénéfices  ;  les
chantiers  se  multipliant  abaisseront  à  leur  tour  les  prix,  si
bien  qu’il  se  produira  pour  la  marine  à  vapeur  ce  qui  s’est  produit ­
  pour  la  marine  à  voiles.  Une  flotte  de  steamers  se  constituera. ­
  Ainsi  a  agi  l’Allemagne;  ainsi  devons-nous  faire.  »
Le  système  de  M.  Coville  m’avait  d’abord  semblé  séduisant, ­
  mais  en  y  réfléchissant,  il  m’a  paru  qu’il  aboutirait
tout  simplement  à  consacrer  le  monopole  des  constructeurs
dont  l’armement  ne  veut  plus.  Il  importe  peu  à  la  construction ­
  qu’on  lui  enlève  sa  prime  —  si  la  même  loi  impose
d’autre  part  à  l’armateur,  sous  peine  de  perdre  toute  sub-
            
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