Full text: Le problème de la marine marchande

LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE. 
2o4 
anglo-américaine ; certes, les hommes d’Elal anglais sont 
tro|) remarquables et trop avisés pour ne pas maintenir, 
même au prix de réels sacrifices, autant (ju’ils le ¡»onrront, 
la bonne harmonie entre le Royaume-Uni et la grande répu 
blique américaine; mais ils n’enq)écheront ¡»as, ils ne peu 
vent pas empêcher que la force même des choses, supérieure 
dans ses effets à toutes les combinaisons diplomatiques, 
conduise les deux ])ays à un violent antagonisme d’inté 
rêts ('). Lord Rosebery, dans un discours récent, adjurait 
la nation anglaise de se réveiller, de s’organiser pour les 
luttes industrielles et commerciales inévitables et prochaines. 
11 voyait juste ! Tâchons, en France, de secouer notre apa 
thie : nous ne demeurerons une grande nation (pie si nous 
faisons preuve d’une énergie virile et d’une volonté soutenue 
dans Vaction ! » 
M. Paul Cambon voulut bien me montrer une brochure 
qu’il venait de recevoir de son friire, ambassadeur à Washing 
ton, et dans hujuelle se trouvaient résumés en de saisissants 
graphiques les travaux des consuls américains à l’étranger 
toucliant l’expansion commerciale de leur pays. La carte 
des Etats d’Europe y était criblée de points noirs, qui mar- 
(piaient autant de débouchés jiour l’industrie yankee. Une 
énorme progiession du commerce extérieur américain s’af- 
(i) La New Liberal Review a fait au mois de mars k.hh une eii<|uèle (|ue signale dans 
un récent rapport M. Harthelémy, chancelier du consul de France à Londres, et (pii 
corrobore les déclarations de M. Cambon. Celte empiète soumettait à un certain 
nombre de personnalités la question suivante : Notre suprématie commerciale ; comment 
la maintenir ? 
M.VV. H. Lever, l’un des personnages interviewés, a dit qu'il estimait que le vingli(;ine 
siècle réservait fatalement la sujirématie commerciale aux Etats-Unis. Un autre, M . Wil 
son, a déclaré (pie F .Allemagne, les États-Unis, la Bussie, la Belgi(pie, la Hollande et 
même l'Italie gagnaient chaque jour du terrain, tandis (pie l’Angleterre était en pleine 
stagnation, et la France aussi, d'ailleurs. 
En somme, comme l'indique M. Barthélémy, l'opinion anglaise voit maintenant direc 
tement le développement de l’autre côté de l’.\tlanti(pie d’un monde nouveau, libre de 
toutes les charges ipii ¡lèsent sur l’ancien, ouvert à toutes les activités, s'exerçant à 
tous les arts, à toutes les sciences et qui fait cha([ue,jour surgir devant la vieille Europe 
la menace de plus en plus grande d'une concurrenc ; formidabie. Et l'.Vnglais s'en elfraie.
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.