Full text : Le problème de la marine marchande

LE  PROBLÈME  DE  LA  MARINE  MARCHANDE.

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anglo-américaine  ;  certes,  les  hommes  d’Elal  anglais  sont
tro|)  remarquables  et  trop  avisés  pour  ne  pas  maintenir,
même  au  prix  de  réels  sacrifices,  autant  (ju’ils  le  ¡»onrront,
la  bonne  harmonie  entre  le  Royaume-Uni  et  la  grande  république ­
  américaine;  mais  ils  n’enq)écheront  ¡»as,  ils  ne  peuvent ­
  pas  empêcher  que  la  force  même  des  choses,  supérieure
dans  ses  effets  à  toutes  les  combinaisons  diplomatiques,
conduise  les  deux  ])ays  à  un  violent  antagonisme  d’intérêts ­
  (').  Lord  Rosebery,  dans  un  discours  récent,  adjurait
la  nation  anglaise  de  se  réveiller,  de  s’organiser  pour  les
luttes  industrielles  et  commerciales  inévitables  et  prochaines.
11  voyait  juste  !  Tâchons,  en  France,  de  secouer  notre  apathie ­
  :  nous  ne  demeurerons  une  grande  nation  (pie  si  nous
faisons  preuve  d’une  énergie  virile  et  d’une  volonté  soutenue
dans  Vaction  !  »
M.  Paul  Cambon  voulut  bien  me  montrer  une  brochure
qu’il  venait  de  recevoir  de  son  friire,  ambassadeur  à  Washington, ­
  et  dans  hujuelle  se  trouvaient  résumés  en  de  saisissants
graphiques  les  travaux  des  consuls  américains  à  l’étranger
toucliant  l’expansion  commerciale  de  leur  pays.  La  carte
des  Etats  d’Europe  y  était  criblée  de  points  noirs,  qui  mar-(piaient
  autant  de  débouchés  jiour  l’industrie  yankee.  Une
énorme  progiession  du  commerce  extérieur  américain  s’af-(i)

  La  New  Liberal  Review  a  fait  au  mois  de  mars  k.hh  une  eii<|uèle  (|ue  signale  dans
un  récent  rapport  M.  Harthelémy,  chancelier  du  consul  de  France  à  Londres,  et  (pii
corrobore  les  déclarations  de  M.  Cambon.  Celte  empiète  soumettait  à  un  certain
nombre  de  personnalités  la  question  suivante  :  Notre  suprématie  commerciale  ;  comment
la  maintenir  ?
M.VV.  H.  Lever,  l’un  des  personnages  interviewés,  a  dit  qu'il  estimait  que  le  vingli(;ine
siècle  réservait  fatalement  la  sujirématie  commerciale  aux  Etats-Unis.  Un  autre,  M  .  Wilson, ­
  a  déclaré  (pie  F  .Allemagne,  les  États-Unis,  la  Bussie,  la  Belgi(pie,  la  Hollande  et
même  l'Italie  gagnaient  chaque  jour  du  terrain,  tandis  (pie  l’Angleterre  était  en  pleine
stagnation,  et  la  France  aussi,  d'ailleurs.
En  somme,  comme  l'indique  M.  Barthélémy,  l'opinion  anglaise  voit  maintenant  directement ­
  le  développement  de  l’autre  côté  de  l’.\tlanti(pie  d’un  monde  nouveau,  libre  de
toutes  les  charges  ipii  ¡lèsent  sur  l’ancien,  ouvert  à  toutes  les  activités,  s'exerçant  à
tous  les  arts,  à  toutes  les  sciences  et  qui  fait  cha([ue,jour  surgir  devant  la  vieille  Europe
la  menace  de  plus  en  plus  grande  d'une  concurrenc  ;  formidabie.  Et  l'.Vnglais  s'en  elfraie.
            
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