Full text : Le problème de la marine marchande

232  LE  PKOHLÈME  DE  LA  MARINE  MARCHANDE.
(le  satisfaire  avec  facilité  aux  besoins  courants  de  rarrneinent
national  et  étrançjer,  et  lui  assure  pour  loiiijtenips  encore  la
maîtrise  du  marché  des  navires.
L’armateur  français  (¡ni  perd  dans  un  naufracje  un  de  ses
steamers  et  se  voit  contraint  de  le  remplacer  aussitôt,  fouillera ­
  vainement  nos  ports  ;  à  moins  d’un  hasard  heureux,  il
n’y  trouvera  pas  l’outil  (jui  lui  est  nécessaire.  Bon  gré  mal
gré  c’est  à  l’Angleterre  ipi’il  devra  s’adresser  non  seulement
dans  ce  cas  particulier,  mais  neuf  fois  sur  dix  (juand  il  voudra ­
  affréter  un  vapeur  de  (juehpie  importance.  Par  exemple, ­
  il  n’aura  (pie  l’embarras  du  choix  parmi  les  échantillons
(pie  lui  offrira  la  flotte  ((  d’occasion  »  des  ports  anglais  !
11  n’existe  [las,  à  proprement  parler,  de  «  Bourse  des  navires ­
  »  à  Londres  ;  l’affrètement,  la  vente  ou  l’achat  du  matériel ­
  naval  y  sont  cependant  d’une  extraordinaire  activité,
grâce  à  l’intermédiaire  de  courtiers  (jui  jouent,  dans  l’industrie ­
  maritime,  le  même  rôle  prépondérant  que  dans  toutes
les  autres  grandes  affaires  anglaises.
Les  courtiers  maritimes  ne  forment  pas  un  club  isolé  ;  ils
se  réunissent  volontiers  au  Baltic  et  au  S  hipping  Exchamje,
qui  admettent  d’ailleurs  des  négociants  de  toutes  catégories. ­

.l’ai  visité  le  Shipping  Exchange  où  voulut  bien  m’introduire ­
  un  obligeant  ami  (').  Une  vaste  salle  éclairée  autant  que
le  permet  le  ciel  londonien  par  de  larges  baies,  sert  de  hall
public  ;  autour  des  murs  sont  affichées  de  minute  en  minute
les  dépêches  qui  arrivent  de  tous  les  points  du  globe  pour
rendre  compte  des  divers  mouvements  de  la  flotte  marchande ­
  universelle.  Ces  télégrammes,  ordinairement  transcrits ­
  sur  papier  jaune,  s’accrochent  à  de  grands  tableaux  à

(i)  M.  A.  A.  Salmon,  agent  général  de  la  Compagnie  Transallanliipie,  membre  de  la
Chambre  française  de  commerce  de  Londres.  Je  tiens  à  le  remercier  ici  de  son  extrême
amabilité  et  de  sa  parlaite  obligeance.
            
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