6
LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
les échanges avec le nouveau continent, un rôle considéra
ble, viennent se joindre les avantages tirés de la fertilité de
son sol et de la beauté de son climat. Aussi, est-elle devenue,
j)ar la force même des choses, une des nations les plus ri
ches du monde. Mulhall, dans son Dictiomiarij of statistic,
après avoir évalué la valeur mobilière et immobilière du ca
pital de l’Europe à 1,710 milliards, en donne par ordre
d’importance la répartition suivante :
Angleterre 295 milliards.
France 2/17 —
Allemagne 201 —
Russie 160 —
Au point de vue du capital circulant (qu’il évalue à 5oo
milliards) il estime que la part revenant à :
I/Anglctcrrc est, de loO milliards.
La France. 65 —
L’Allemagne 87 —
La Russie i4 —
Mais, à certains égards, cette richesse môme est une cause
de faiblesse pour nous. Le mal a été si souvent signalé que
je me borne à le rappeler en quelques mots. Tandis que
l’Anglais, l’Allemand font ellbrt pour trouver dans l’indus
trie ou le commerce un emploi de leurs capitaux, le Fran
çais, habitué à vivre dans un beau pays, auquel il demeure
passionnément attaché, peu soucieux d’autre part d’aven
turer son argent en des entreprises offrant forcément un
certain risque, ne cherche pas à tirer de sa richesse tout le
parti possible.
Le rêve de bien des ménages bourgeois — s’ils daignent
avoir des fils — est que ceux-ci deviennent des « fonction
naires », ou, ce qui est tout comme, des employés de