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LE PROIJLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
vraisoii très rapide de ses commandes. En trois semaines, il
fait installer toute la machinerie sur le navire sortant de son
lier de lancement.
Quant aux chantiers de coques, tout y est préparé, or
donné, réglé pour arriver à produire, dans le minimum de
temps, le maximum d’ellbrts. Des cales nombreuses, serrées
à se toucher, permettent d’entreprendre et de poursuivre la
construction simnltanée d’unités importantes : le plus sou
vent, les navires sont construits eu série, ce (jui procure une
notable économie de temps et de main-d’œuvre ; j’ai vu côte
à côte les carcasses de deux immenses cargos de 7,800 ton
nes de portée en lourd, exactement semblables dans leurs
proportions, leurs aménagements, leurs formes, et que les
éipiipes d’ouvriers montaient ensemble ; d’autres navires voi
sins, d’importance moindre, étaient également construits en
série. De cette façon, le chantier ne connaît ni les fausses
manœuvres, ni les pertes de temps ipii résultent de la créa
tion de modèles nouveaux ; il exécute deux, trois, quatre,
cinq types de bateaux — en autant d’exemplaires qu’il a de
commandes pour chacun d’eux. Les armateurs ne viennent
pas ici imposer leurs caprices et leurs préférences, exiger tel
ou tel changement dans les plans primitifs : on n’aurait ni le
loisir de les écouter, ni le désir de les satisfaire. Ils connais
sent le genre de fabrication des chantiers Russell et savent
qu’ils y trouveront un cargo simple, commode, pratique,
peu luxueux, mais relativement bon marché ; à eux de voir
s’ils s’en contentent.
L’outillage mécanique de cet établissement est très perfec
tionné ; une série de machines mues par l’électricité, des
riveuses et mateuses hydrauliques et pneumatiques du plus
récent modèle s’y trouvent employées. L’activité des ou
vriers, tous payés au piecework et solidement encadrés de
contremaîtres habiles, y est si grande que, dans leur désir