LES CHANTIERS DE LA CLYDE.
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fébrile d’abattre le plus de besogne possible, ils ne sont pas
toujours très prudents.
Le moindre faux pas sur les poutrelles d’acier des navires,
placées à vingt mètres au-dessus du sol, peut devenir mortel
pour les forgerons, les « plaquiers », les rivenrs qui y circulent.
Peu de jours avant ma visite, une chute terrible avait
ainsi précipité un malheureux jeune homme dans l’abîme
des lianes rigides de l’un des vaisseaux en construction. On
l’avait relevé mort. M. Russell me disait d’ailleurs que les
accidents étaient plus fréquents dans son chantier que dans
aucun autre de la Clyde ; l’assurance (pi’il supporte de ce
chef n’a cependant rien d’exagéré, car elle lui coûte seulement
8 shillings par 100 livres sterling de salaires.
Les frais généraux de l’établissement sont peu élevés :
bien (pie les chantiers occupent 2,000 ouvriers, le personnel
des bureaux, y compris les ingénieurs, dessinateurs, comptables,
etc., n’atteint pas trente personnes.
Grâce à une forte et méthodique organisation, grâce à
l’activité personnelle de leur directeur — carré en affaires,
vrai type de businessman — les chantiers Russell arrivent à
une production économique et puissante ; ils sont les premiers
de la Clyde par le tonnage et le bon marché. Leur
fabrication n’est pas toujours sans défauts, et j’ai entendu
d’autres shipbuilders dire que les cargos sortant de cette
usine navale souflVaient beaucoup par les gros temps et
s’usaient avec rapidité. Si ce reproche est fondé — il convient
de l’accueillir avec d’autant plus de réserve qu’il émane
de rivaux ! — comment expliquer la vogue énorme des chantiers
Russell qui, en vingt ans, sont arrivés à conquérir la
troisième place du monde dans la construction des coques ?
En réalité, les chantiers Russell, qui offrent à l’armateur
l’inappréciable avantage de lui livrer, en six mois, un cargoboat
de vaste capacité à un prix généralement inférieur d’une