LES CHANTIERS DE LA TYNE ET DE LA WEAR. ‘iSl
dont quelques-unes alteiijueut une dimension colossale et
pèsent jusqu'à 6o tonnes. Une discipline sévère rèqne dans
les ateliers : des inspecteurs, appelés speed and feed over
seers, circulent de l'un à l'autre et veillent conslamment sur
ce qui s'y passe.
Les ateliers suivants, où s'opère l’ajuslaqe des petites
pièces, sont, du rez-de-chaussée au troisième étape, remplis
d'un peuple de mécaniciens et d’une multitude de machines;
attentifs à leur hesopne, les ouvriers surveillent le jeu de
leur outil (pii s’insinue dans l’acier, le taille, l’arrondit. Des
obus de tous calibres et mille pièces diverses qui entrent
<laiis l'artillerie d’un navire, prennent ainsi une forme défi
nitive sons l’action des tours; l’acier, le laiton, le bronze,
tous les métaux sont travaillés dans cette ruche laborieuse¡,
par d’innombrables machines serrées les unes contre les
autres au point de laisser à peine entre elles le passaqc d’un
homme.
Nous traversons d’autres batiments on sont usinés des
canons de 76 et 47 millimètres, et leurs affûts. En voici nn,
peint en couleur khaki et dont les roues boueuses attestent
les récents services. Nous nous informons : c’est une pièce
nouvelle, qui a servi ces jours-ci à des expériences en atten
dant de faire ses preuves — dans ([uelqnes mois... ou quehpies
années — au Transvaal. Nous descendons par nue plate
forme hydraulique à l’atelier des tubes pour le lancement
des torpilles; peu d’ouvriers y sont occupés. C’est sans
doute que les torpilles ne peuvent être utilisées dans la
(pierre sud-africaine; car la fabrication des obus, elle, ne
clunne pas. Une des cours que nous traversons est pleine
de ces projectiles amoncelés (pii, non encore déqrossis, qar
dent, avec leur teinte grisâtre, l’aspect d’inoffensifs cruchons
<im[)ilés les uns sur les autres. Le dépôt des canons paraît
non moins abondamment pourvu ; deux mastodontes de 60